ZYVA MAG #34

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zyvamusic.com | Novembre / Décembre 2014 #34

DOSSIER

l’ecologie et la musique

Triggerfinger gui boratto holy two lull Ne m’abandonnez pas sur la voie publique ni dans votre salle de concerts préférée. Recyclez-moi, merci !



SOMMAIRE

Ce magazine est imprimé avec des encres végétales sur du papier blanchi sans chlore. Ce magazine a été imprimé par une entreprise Imprim’Vert certifiée ISO 141 qui intègre le management environnemental dans sa politique globale.

Brèves p. 4 Zyva 10 ans p. 6 & 7 L’écologie et la musique p. 8 à 11 Miossec p. 12 & 13 Feu! Chatterton p. 14 Lofofora p. 18 Fakear p. 22 Chill Bump p. 24 Portrait p. 28 Agenda p. 30

Novembre / Décembre 2014 | Edité à 19.000 exemplaires

1000 Points fixes dans la région Rhône-Alpes Directeur de publication : Hedi Mekki Responsable commercial : Gabriel Perez commercial@zyvamusic.com Rédacteurs : Julie Chazal, Emilie, Hedi, Marie, Rita, Yann “Sylk”, Philippe “Pippo”Jawor, Kymmo, Gab, Sarah, Julia, David, Loreleï. redaction@zyvamusic.com Photographe : Kymmo www.kymmo.com Maquette et graphisme : David Honegger Chargé de communication / Presse : Nicolas Tourancheau communication@zyvamusic.com Correction, relecture : Julie Chazal Bureau / adresse postale : 6 Grande rue de Saint Clair - 69300 Caluire et Cuire Imprimerie : Pure Impression Zyva 2004 : Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Aucun élé-

ment de ce magazine ne peut être reproduit d’aucune manière que ce soit, ni par quelque moyen que ce soit, y compris mécanique et électronique, online ou offline, sans l’autorisation écrite de l’association Zyva.

Passionnés de musique, vous souhaitez partager notre aventure, pour nous contacter : contact@zyvamusic.com Retrouvez les numéros précédents et les points de dépôt du magazine en téléchargement sur zyvamusic.com/mag Remerciements pour ce numéro : Eric Fillion (Mediatone), Mailys Pointelin (Radiant bellevue), Elodie Pommier (Eldo&co), Marie Zambardi (Ckel prod), Laurent Pierson (Les Derniers Couchés), Ganesha (Hindouisme), Brice Baleydier (Arkaïc Concept), Camille Gouyer (Jackjack), David Morel (Jarring Effects), Géraldine Clément et Emmanuelle Humbert (Ville de Lyon), Bertrand Saint Lager (Tnt), Arthur Lorella (Abattoirs), à tous les rédacteurs et tous les bénévoles de l’association pour leur effort de trouver le bonheur dans l’action...

EDITO 2

004-2014 - ZYVA a dix ans, grâce à vous. Pour ce dernier numéro de l’année, numéro d’hiver nous vous invitons à vous mettre au vert.

Pour préparer la suite, faisons le bilan de ces dix ans et remercions tous nos partenaires, ceux qui contribué à notre matérialisation, à commencer par notre imprimeur. Il est français, chose rare dans notre domaine. Je le souligne car il est nécessaire de comprendre que l’association ZYVA soutient des valeurs, dont celle d’imprimer en France. Alors oui, nous tuons des arbres (malheureusement) pour le plus grand plaisir de vos yeux et de vos oreilles, mais pas avec n’importe qui et pas n’importe comment. Cela ne vous étonnera peut -être pas mais, nombreux sont ceux qui se soucient de leurs actions au quotidien dans l’équipe. Les musiques actuelles sont parfois un formidable moyen d’expression, véritable reflet de la mutation de la société et des mœurs. Ainsi, de nouvelles générations d’artistes semblent vouloir s’investir autrement, semblent vouloir apporter une contribution, une réflexion sur le fait de pouvoir faire mieux, plus propre, plus déontologique, et d’abord éviter de refaire les mêmes erreurs. Faire le bilan c’est aussi savoir se projeter, innover et imaginer des solutions durables... Et faire la teuf ! Oui, une petite soirée entre amis où vous êtes tous conviés, bien sûr, le 12 décembre prochain au ToïToï, une soirée à votre image, éclectique. Avec un grand loto et des lots à gagner de ouf malade, genre on a dix ans quoi ! Pardon… Je disais une belle soirée avec des artistes que nous vous présentons dans ces pages. Egalement dans ce numéro 34, un dossier sur l’écologie et la musique, une rencontre avec une référence en matière de Label Indé, des jeunes pousses qui envoient, des briscards de la guitare (que vous connaissez sûrement) et un agenda des concerts qui déboîtent sur les deux prochains mois. Bons concerts et bonne lecture à tous. Hedi Mekki

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breves

Alexis and the Brainbow par Kymmo

l’Actu locale en Rhône-AlpES

The Freaks come out ! Le videur : “Bonsoir ? Aaah ça va pas être possible ce soir, messieurs-dames. Sérieux, vous êtes sur votre 31, mais ce soir on est le 29 ». Non, ce n’est pas un délire. Oui ce genre de scène peut exister, et qui est derrière ce genre de soirées? Elektrosystem, MBA et la Garçonnière, qui proposent le 29 novembre la septième édition de The Freaks Come Out, une soirée Deep House et Techno, à partir de 23h30 au Ninkasi Kao. Au menu sonore, Dj Peel et DJ Wavesonic assureront le mix tout au long de cette soirée où “tout est possible, mais rien n’est obligatoire” comme le précisent les orgas. Avec comme condition “seules les personnes lookées seront acceptées, qu’elles soient sexy, déjantées, extravagantes, ou un mélange de tout cela”. A bon entendeur... + d’infos : www.thefreakscomeout.org

Joyeux anniversaire, mémé ! Vous vous imaginez vivre 100 ans ? Un siècle pour regarder évoluer le monde, bouger avec, voir des groupes naître et d’autres mourir, puisqu’ici il s’agit bien de musique. Une dizaine de concerts labellisés « 100 de la Halle » ont lieu à Lyon cet hiver pour célébrer l’anniversaire de la Halle Tony Garnier qui fête ses 100 ans. On y retrouve Shaka Ponk, Peter Gabriel, The Black Keys, mais ce n’est pas tout. L’Epicerie Moderne, le Marché Gare, le Ninkasi Kafé Gerland, le Périscope, le Sonic, le Sucre et le Transbordeur sont aussi de la partie (plus on est de fous plus on rit...), et chez eux on ira voir Blitz The Ambassador, Deltron 3030, Kid Koala, Breton, Radian, FLY de Laurent Wilde, Owen Pallett et Roller Disco. + d’infos : www.halle-tony-garnier.com

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Sound like Hell production

Créée en janvier 2008 par des passionnés guidés par le désir de soutenir le milieu métal, l’association Sound Like hell (Anciennement Association Femâles) a pu à ce jour mener à bien 32 évènements dans plusieurs salles de l’agglomération lyonnaise (Ninkasi Kao, CCO, MJC Ô Totem, Marquise...). La structure a ainsi accueilli près d’une centaine de groupes, aussi bien de jeunes formations locales que des groupes de renommée internationale ayant déjà une longue carrière derrière eux. Pour cette fin d’année 2014, SLH nous propose pas moins de trois concerts avec pour tête d’affiche le 2/11 Eluveitie, le 2/12 Combichrist et pour finir en beauté, le 13/12 les canadiens de Protest The Hero. d’info : www.facebook.com/slhproductions

Concours St Lô Jonglant entre électro, blues rock futuriste et hip hop, St. Lô redonne ses lettres de noblesse à la fusion des éléments, avec une audace et une élégance certaine. A l’occasion de leur concert à Bron avec les Lyonnais de Wild Wild Waves, le Jack Jack et Zyva magazine vous offrent la possibilité de gagner l’album de St Lô, «Room 415». Pour tenter votre chance, envoyez-nous vite un mail à contact@zyvamusic.com !


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12 DECEMBRE 2014 AU TOITOI LE ZINC

VILLEURBANNE SOIREE + CONCERTS

Tout commence il y a 10 ans, par la volonté d’une bande de potes de mettre en avant la musique dans toute sa diversité. Cela se fera au travers de rencontres, d’échanges et de partages, ne cessant de grandir jours après jours. Dix ans que tout ce petit monde se bouge, pour présenter les collaborations artistiques en tous genres qui font la richesse de la scène des musiques actuelles en Rhône-Alpes. Il aura bien fallu tout ce temps pour nous construire, nous dépasser et matérialiser notre « expertise d’amateur de musique » à travers notre magazine. L’association Zyva fête ses dix et vous remercie de votre engagement à nous suivre, vous tous, passionnés de musique. Nous allons donc fêter cela dignement, avec une soirée à votre image, éclectique.

SMôL

Léon

Le junglist invétéré a plus d’un jog sous ses doigts. Investissant dans une troisième platine cette année, le prodige du double drop allie et mélange les sous-genres de la drum’n’bass sans l’ombre d’une fausse note. En étant passé par le Drak-Art aux côtés de Spy, de Jubei au Rumble Festival, invité à l’Acropole ou encore à l’espace Julien, l’artiste sillonne la France et est à suivre de très près. On remarque sur Soundcloud qu’il a une touche très particulière, car même s’il a toujours eu un petit penchant pour la Liquid, l’héritage de ses années métal sont bien présentes dans la construction de ses mix. Il aime « quand c’est la guerre dans le public » et « quand ça transpire ». A demi-mots, il avoue malgré tout que c’est un genre musical pour un public averti : « il faut être prêt » dit-il, et il est vrai que l’omniprésence des percussions donnent un ton singulier aux 175bpm. Incomparable, la drum’n’bass est à la musique électronique ce que le métal est à l’acoustique : une musique tapageuse, énervée, mélodieuse et où chaque concert est une séance de sport. Smôl va avec nous souffler les bougies du dixième anniversaire de Zyva au Toi-toi le 12 décembre : une aubaine pour tous ceux qui ne sont pas encore convaincus par la drum’n’bass.

Derrière le personnage de Léon, se cache le talentueux Mathieu Rothwiller. Après avoir fait bouger les diverses salles françaises avec son précédent groupe, Welling Walrus, Mathieu délaisse quelque peu son coté rock tout en gardant une part de pop et nous emmène avec ce nouveau projet dans son monde imaginaire. Accompagné de ses deux acolytes, Lazare (guitare électrique, claviers, choeurs) et Ventura (batterie, samples, choeurs), Léon (chant, guitare folk) nous fait voyager dans un monde décalé et coloré, avec sa Pop à l’anglaise et ses textes en français à la fois très imagés mais toujours riches de sens. Après un premier clip «home-made» très réussi, illustrant le titre «Mon pays imaginaire», ainsi qu’un EP intitulé « Léon 2033 » fraichement sorti et totalement réussi, Leon écume les scènes de la région et marque le public qu’il croise par sa sincérité, son humour et son énergie ! En plus d’un changement de line-up cet été, Ventura intègre le projet. Le groupe fait sensation avec son nouveau clip « Léon 2033 » totalement psyché, réalisé par Thomas Blanchard. Tout laisse à penser que Léon et ses compères ont un bel avenir devant eux, avec des textes affinés, un univers musical et visuel bien marqué, relevés d’une folle énergie sur scène, on n’a pas fini d’entendre parler de Léon.

Marie

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Kymmo


hummingbird

Découvert lors d’une soirée d’errance sur le réseau social le plus connu de la planète, le groupe lyonnais Hummingbird a rapidement titillé mon oreille. Je me décide donc à aller vérifier ma première bonne impression en live puisqu’il passait le 10 octobre dernier à la Marquise. Les Hummingbird nous ont enchaîné leurs titres, aussi prometteurs les uns que les autres. C’est assez rare de

ne pas s’ennuyer lors d’un live de groupes qui comme eux se chauffent sur les scènes locales. Alors bien sûr comme la plupart des médias qui parlent déjà d’eux, on pense rapidement à Eels (pour le chant, les guitares et parfois la basse) ou Arcade Fire (pour l’ambiance et les claviers) mais leur mixture musicale leur est propre. Et comble de bonheur tenez-vous bien, le chanteur paraît très à l’aise avec la culture anglo-saxonne et ça sonne juste. Et oui, ça arrive même à Lyon ! Je ne saurais trop vous conseiller donc d’aller découvrir les Hummingbird et les quelques titres que l’on peut écouter sur internet : Death Row (déjà un tube), Electroshock (déjà un tube) et Kaleidoscope (pratiquement un tube). Et si vous avez un peu de monnaie qui traîne au fond d’une tirelire et que vous souhaitez les soutenir, vous pouvez participer à leur avenir musical (sortie de l’E.P. en 2015, création d’un nouveau clip et financement de leur tournée sur le site KissKissBankBank) On vous aura prévenus, si tout se passe bien pour Hummingbird, la péniche La Marquise sera très rapidement trop petite pour eux. Jagunk

christophe rigaud

Mû, comme Monde Utopique. C’est l’équilibre parfait de ce duo qui énergise tant les oreilles que le corps. C’est carrément la réunion des 4 forces élémentaires de la nature. L’eau et l’air sont incarnés par le piano coulant et aérien de Cécile, aux sonorités et colorations plutôt celtiques, n’hésitant pas à distordre le son du synthé pour une envolée électro-lyrique. Le feu et la terre sont incarnés par le beatbox de David, tantôt jazzy, tantôt dub, un brin chamanique toutefois avec des chants de gorge et des voix basses, sans compter les innombrables bruitages que propose sa palette vocale. Le binôme s’assemble à merveille, avec des flows plutôt hip-hop, rock, jazz. Et, cerise sur le gâteau pour les uns, citron sur le calamar pour d’autres, un solo de guitare électrique à la bouche ! A couper le souffle... En fermant les yeux on se sent doucement s’envoler vers un monde meilleur... Ils nous régaleront pour cette soirée de quelques titres de leur tout dernier album sorti cet automne, intitulé « Emerillon », en référence à une espèce protégée de faucons et une tribu des nations amérindiennes d’Amazonie du nord, du même nom.

Hummingbird

Le reggae est aussi à l’honneur, et les fiers représentants sont Christophe Rigaud & The High Reeds. Il s’agit d’un quatuor lyonnais de « Blue Reggae », une croisée des chemins pour 4 âmes imprégnées de vibes afro-caribéennes, et de voix soul. Leur expérience scénique est forgée par des plateaux partagés entre autres avec Max Romeo, The Wailers, Tarrus Riley. Le set est carré, les chansons sont jouées avec une maîtrise et une précision harmonique telle que même les oreilles les plus délicates peuvent s’en délecter. La magie opère, le public est séduit. Les corps se mettent en pilotage automatique de vibes, et skankent sur ce groove jamaïcain entraînant, sublimé par une voix soul remplie de force et de foi communicative. Les refrains sont puissants, des chœurs harmoniques masculins délaissant parfois la guitare pour faire place à une session de djembé rappelant à un certain esprit naya-bingi. Après un passage à Kingston, Jamaïque, en 2014, le groupe part sur un nouveau projet concrétisé par la réalisation d’un album au studio Innacity, masterisé par Sam Clayton lui même (steel pulse…). Gab

Gab

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DOSSIER

l’ecologie et la musique Par Sarah

C

omment pourrait-on parler d’écologisme dans la musique ? À première vue il n’y a pas grand chose à dire. Et pourtant les liens sont bien plus nombreux qu’on a tendance à le penser. La musique est depuis très longtemps un moyen d’expression voire un moyen de dénonciation, on sait que déjà au Moyen-Age les troubadours critiquaient la politique et les mœurs de l’époque dans les sirventès (poème moral ou satirique chanté, inspiré le plus souvent de l’actualité politique). Des années soixante à aujourd’hui Le sujet des problèmes environnementaux est partout à l’heure actuelle et vient même se glisser jusque dans le quatrième art. Ce n’est plus une originalité à notre époque de prôner le respect de la planète à travers des chansons, bien que ça l’ait été durant la seconde moitié du XXème siècle. La musique écologique a fait son petit bout de chemin depuis le titre clairvoyant Restera t-il un chant d’oiseau ? de Jean Ferrat écrit en 61, qui, à la façon de Nostradamus prédisait les catastrophes écologiques qui touchent notre époque telles que les marées noires, la pollution des eaux, les accidents d’usines et nucléaires. Beaucoup moins fréquente avant les années 90, la musique écologique reste dans un certain style comme la Folk (Bob Dylan, Malvina Reynolds, Joan Baez, Pete Seeger), et la chanson française (Jean Ferrat, Anne Sylvestre, Serge Gainsbourg, Henri Tachant). Mais il y a quelques exceptions comme l’album très engagé contre le nucléaire « 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 » du groupe de rock Australien Midnight Oil qui a fait l’objet de polémiques aux E-U. Ou encore l’album concept « Oxygène » du pionnier de l’électro en France Jean-Michel

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Jarre, sorti en 76 à « une époque où l’écologie ne faisait pas encore vendre, à la différence d’aujourd’hui » (paroles rapportées de J-M Jarre, source le jdd.fr). Ceci dit l’album en question a tout de même été un succès planétaire : il s’agit d’un des plus gros succès de l’histoire de la discographie française avec environ 18 millions d’exemplaires vendus. A cette époque la musique écologiste suit le mouvement contestataire, elle blâme haut et fort les dangers possibles et les désastres déjà observés. Mais on la sent sclérosée par la peur, avec une vision de l’avenir très noire et déjà un arrièregoût de défaite dans la plupart des textes. Puis la crise écologique a pris une telle ampleur que le ton a changé, l’espoir revient comme l’exprime si bien Assassin dans le titre L’écologie : Sauvons la planète, l’humour parfois aussi comme dans Niquons la planète de HK et les Saltimbanks. On appelle à l’action, à la prise de position et non plus juste à l’observation du désastre : elle devient militante. Depuis l’accident nucléaire de Tchernobyl, qui a montré la violence de cette puissante énergie, la chute du mur de Berlin et l’effondrement du modèle communiste, la mondialisation bat son plein, le monde plonge dans le capitalisme et l’hyperproductivisme, les choses s’aggravent, les images choquent, les langues se délient, les mots doivent sortir. Il est temps de protéger la planète, d’annoncer un changement, d’incarner ce changement ! Les artistes se rassemblent autour de causes (comme l’album « #20 ans Tchernobyl » sorti en 2006 produit par Greenpeace avec entre autres Sanseverino, Tryo, Renaud, Banlieue Rouge). À l’heure actuelle, il n’est pas étonnant de trouver au moins un morceau, une chanson dans la discographie d’un artiste, d’un groupe s’exprimant sur les questions écologiques. L’écologisme englobe


de nombreuses problématiques : la conservation et la protection de l’environnement qui va de pair avec une économie plus locale, un rapport au monde à échelle plus humaine, plus solidaire pour un futur commun. D’autres artistes, acteurs de la musique, ont décidé de faire passer le message autrement, de mettre en œuvre ces idées décriées. Dans le n°32 on vous évoquait les Solar Sound System (sono alimentée par panneaux solaires), voici encore d’autres façons, parmi tant d’autres, d’inscrire la musique dans une démarche de développement durable pour l’humain et son environnement. Les artistes s’engagent : le concept du Slow-Tour

Depuis les concerts acoustiques de Julos Beaucarne dans les années 60 où le public pédalait pour éclairer la scène, d’autres artistes ont tenté de faire vivre de façon concrète leurs convictions à travers leur musique. Un nouveau modèle de tournée semble émerger face à la frénésie énergivore des concerts enchainés, de voyage en bus en chambre d’hôtel. Certains font ça en roulotte, d’autres à vélo, et d’autres encore à pied.

C’est le cas d’Emily Loizeau qui a développé avec l’aide d’une association locale en Ardèche (l’Art Scène) une mini tournée appelée « Slow-Tour » de trois jours en mai 2013. Cela consistait à faire trois concerts totalement acoustiques dans trois villages en voyageant à pied ou à cheval entre les étapes. Ce n’étaient pas de simples concerts, l’évènement était toujours accompagné de débats et d’ateliers autour de la transition énergétique et écologique, du gaz de schiste (problématique très présente dans le sud de l’Ardèche) ou encore de l’économie locale. Dans la même lignée Camille vient de terminer sa tournée « Quand je Marche » dans le Beaujolais organisée par le théâtre de Villefranche qui se déclinait de la même manière que sa consoeur : une dizaine de jours de marche à travers les vignes, pour 8 concerts en acoustique dans des églises, un cloître, un château et même un caveau avec des rencontres autour de produits locaux et du patrimoine de la région. Lors d’une interview confiée à France Inter après cette tournée elle explique que « C’est venu d’une envie de marcher et de chanter, car c’est deux choses qui vont bien ensemble. Et c’est aussi venu d’une fatigue de tourner à 100 à l’heure depuis 10 ans, avec les tourbus, les avions, d’arriver sur les concerts engourdie par les voyages et de se réénergiser grâce au concert. Mais finalement, le reste de la journée on est un peu là, comme des légumes à se faire transporter et j’avais envie d’une autre manière de voyager. De marcher là où je chante. » Ces tournées ont eu beaucoup de succès puisque les salles étaient pleines pour chacune. Ces Slow-Tour n’ont pas été imaginées pour baisser foncièrement leur impact carbone mais pour sensibiliser la population locale à ces questions, réfléchir et agir avec eux et comme le dit Camille dans son carnet sonore pour réinventer son métier, « mon métier de chanteuse, aujourd’hui je deviens une chanteuse marcheuse. »

Les soutiens à Sea Shepherds terrain pour par Paul Watson agit sur le L’ONG Sea Shepherds montée nes qui marine. Pirates des temps moder ale anim cause la dre défen 3 fois t sans regret à des baleiniers à l’aide de bateaux s’attaquen ger les proté faire couler certains) pour n plus gros qu’eux (jusqu’à en Watso Paul et ins par certa vues mal sont ns actio cétacés. Leurs beaucoup erroriste. A l’heure actuelle éco-t un comme déré consi est dont la association tels que Gojira d’artistes soutiennent cette nant to Sirius » sorti en 2005 repre pochette de l’album « From Mars facebook, page sa sur informations les ge parta qui Tryo leur logo, d’Extinction. e de D&B I-Phaze avec le clip Zenzile, ou encore le group pour l’ONG : l’engouement des musiciens Reno de Lofofora explique musique mesure et le Rock c’est une “Ils ne font pas dans la demie non plus, je pense que c’est mesur demila dans pas qui ne fait un tel similitudes”. Mais pourquoi dans l’intention qu’il y a des rebelle au iation ? Serait-ce son côté engouement pour cette assoc juste parce pas u disait « Une chose n’est dessus des lois ? Montesquie loi parce qu’elle est juste. » être doit elle mais loi ; qu’elle est

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un précurseur dans le domaine du développement durable et de la protection de l’environnement, un poste salarié a même été créé pour réfléchir à toutes ces problématiques et agir en conséquence. C’est le travail avec d’autres associations locales qui prime : la nourriture proposée est majoritairement locale, des toilettes sèches et des gobelets et autres ustensiles réutilisables sont proposés, Woodstower travaille aussi en partenariat avec Emmaüs pour fournir les loges et l’espace pro ou encore réaliser le décor, et des stands en tous genres dans cette mouvance sont aussi accueillis. Un acteur de la musique equitable Les luttes écologistes organisent souvent des concerts ou des festivals pour sensibiliser les publics mais aussi pour récolter des fonds, comme à Notre Dame des Landes, à la ZAD du Testet où un peu partout en France contre le Gaz de Schiste.

EcO-festoches ? Toutes ces démarches sont collectives, il faut plusieurs têtes pour réfléchir aux actions, plusieurs paires de bras pour monter tout ça ! Il n’y a plus un « je » qui s’insurge mais un « nous » qui s’agite. Le « je » déclamé dans les chansons passe à l’action, on se regroupe pour agir autour de ces thèmes notamment dans la culture. De plus en plus de festivals éco-responsables émergent. Effet de mode ? Peut-être... Dans notre région nous avons la chance d’en accueillir plus d’un ! Parmi les plus gros et les plus connus nous avons le Woodstower au Grand Parc de Miribel Jonage (16ème édition), ainsi que les Rencontres Brel, festival situé à Saint-Pierre de Chartreuse dans l’Isère (27ème édition). Tous deux programment de la musique en tous genres : le premier un peu plus éclectique que le second, plus axé sur la chanson française. Ils essayent au mieux de baisser leur impact environnemental. Ce qui fait exploser bien souvent le bilan carbone des festivals c’est le déplacement des spectateurs. Nos deux exemples ont réfléchi à des astuces : le Woodstower faisant partie du grand Lyon a mis en place avec différentes associations locales des navettes gratuites et régulières partant du centre vers le festival et vice-versa, ainsi que des « vélobus » (trajets groupés à vélo) ou encore il favorise le covoiturage. Tout comme les Rencontres Brel qui, plus excentrées des grandes villes, misent tout sur ce dernier et valorisent les voitures pleines : une place de parking juste à l’entrée et des réductions offertes sur les boissons et repas proposés. Woodstower est considéré comme

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C’est après les grandes grèves contre les réformes du statut d’intermittent en 2002 que Gilles Mordant (musicien et directeur artistique) et des amis ont monté l’association sur Paris Fairplaylist. Cette dernière vise à mettre en place un système de garantie pour une musique éthique et solidaire c’est à dire en commerce équitable et respectueuse de l’environnement. Gilles s’explique : « C’est une association qui soutient la diversité musicale, en proposant de réfléchir à un nouveau modèle économique en portant des valeurs bien évidemment de développement durable, qui à l’époque étaient encore très abstraites, et de solidarité. Et donc on s’est inspirés tout droit de ce qui se faisait déjà dans le commerce équitable pour l’appliquer à la musique. On a commencé à parler de filière musicale et non plus d’industrie de la musique ». Plusieurs projets se mettent en place petit à petit : Ménilmontant, qui aura lieu du 9 au 27 novembre prochain, est « un des premiers festivals éco-urbains à taille humaine » monté en collaboration avec les acteurs et producteurs locaux, qui se veut chaleureux et convivial : « c’est super enrichissant parce que les gens viennent te voir et disent : mais il faut faire ça toutes les semaines ! » Il y a aussi la charte Musique Ethique, rédigée en 2006-2007 en collaboration avec de nombreux acteurs de la filière musicale, qui tend à être une première tentative d’élaboration collective de critères d’équité et de solidarité. Le projet label Face B talonne ce dernier pour développer ces premières idées : « C’est un projet de rencontres et de concerts sur trois régions, PACA, Nord Pas de Calais et Paris, où l’on reprend tout le travail qu’on a fait avec les nouveaux outils qu’on a au jour d’aujourd’hui. Puisque la charte Musique Ethique était à la base spécifique à la production de disque, on a donc étendu ça à tous les domaines de la filière : aussi bien le spectacle vivant que l’enregistrement et le numérique. Et puis les acteurs ont changé en 10 ans, aujourd’hui il y a quand-même de nombreuses coopératives qui


se sont engagées dans l’économie solidaire via leur musique : des labels, des tourneurs, des salles, et puis avec un système d’évaluation de filière on va arriver à une pré-labellisation d’une filière éthique et solidaire en musique. L’idée c’est de généraliser les bonnes pratiques, avec tout un ensemble. Surtout un ensemble du monde associatif, qui est reconnu comme la richesse de la diversité. D’un côté il y a le modèle économique des majors, qu’ils imposent et puis après il y a tout le reste. Et donc dans tout le reste on essaye de réunir un maximum de monde mais sur des valeurs qui dépassent juste l’éco-cup et les toilettes sèches, mais qui prennent en compte aussi le social, la solidarité, l’autonomie de l’artiste etc. Ce qui permettrait de se réunir, et d’être visibles par le public, les artistes et par les pouvoirs aussi. » L’association a un catalogue et promeut des artistes tel que Lo’Jo, elle lance aussi en ce mois de novembre le projet billetterie à nu : « L’idée c’est de mettre de la transparence dans sa soirée, son festival et ça on va essayer de le généraliser aussi au plus grand nombre ! Pour permettre à ces salles de mettre en valeur leur modèle économique et de fidéliser un certain public pour passer de la consommation à la consom’action ! » Causes toujours ! On peut donc voir par toutes ces initiatives que la musique verte se transforme et devient collective, le « je » du chanteur se transforme en « nous » citoyens, elle n’est plus effrontément écologique par essence. Elle n’est plus seulement engagée dans les textes, elle devient verte par sa production, sa matière. Elle n’est plus créée par une seule personne mais par un fourmillement d’acteurs allant de l’auteur, au concepteur de pochette en carton recyclé, en passant par le studio tournant à l’énergie verte, le programmateur du festival écolo et le public qui fait du covoiturage, qui pédale pour éclairer ou qui marche avec les artistes. Gilles Mordant rajoute : « Pour moi le développement durable, la protection de l’environnement est quelque chose d’essentiel ! Bien évidemment c’est la sauvegarde de la planète, le réchauffement climatique mais c’est aussi le devenir de l’être humain. Echanger, fraterniser, Ce sont des choses essentielles, et la filière musicale peut porter ces idées là ! Les gens sont en demande de se rencontrer, de se

parler, de rigoler, d’avoir du plaisir ! Et la musique porte tout ça ! Donc on peut parler d’avenir, de demain joyeux tout en faisant de la musique ! » Il est possible que ce soit un phénomène de mode, et que pour certains leurs convictions écologiques ne soient que des paroles en l’air lancées dans leurs chansons espérant être dans le vent (ne dit-on pas « vouloir être dans le vent est une ambition de feuille morte » ?). Tout comme ce qui est décrié dans Blabladurable de Duval MC et Green Washing de Tryo évoquant le côté marketing du développement durable, la réappropriation de cette cause par le marché libéral, surnommé le green washing. Il est fortement possible qu’à l’image « des 4/4 durables » et « des déchets atomiques durables » il puisse y avoir la fausse musique durable qui pourrait s’appeler le « blabladurable » (paroles de la chanson de Duval MC). Ces exemples servent à montrer qu’il est possible de prendre en compte cet enjeu dans sa conception musicale. La musique écologique s’est nourrie d’elle-même, elle a été puiser dans sa rage une force positive qui l’a poussée vers l’action, l’innovation et qui continuera de la nourrir pour l’entraîner toujours plus loin dans la création. Les initiatives et prises de positions de certains seront peut-être dans quelques années une normalité, une formalité, une évidence.

Quelques titres que 1956 Léo Ferré Le temps du plasti t d’oiseau ? 1961 Jean Ferrat Restera t-il un chan a fall (pluie acide) 1963 Bob Dylan A hard rain is gonn mal 1968 Gérard Manset Animal on est on 1969 Serge Gainsbourg Torrey Cany la 7ème 1970 Johnny Hallyday poème sur n 1972 Jacques Dutronc Le petit Jardi (album entier) gen” “Oxy Jarre el Mich Jean 1976 Steve Waring La Baleine Bleue demain 1978 Anne Sylvestre Un bateau mais pire chanson qui existe) 1986 Chantal Goya Protégez les (la l 1991 Banlieue Rouge Tchernoby conscience 1992 Alpha Blondy Science sans la planète 1993 Assassin Ecologie : Sauvons in animée Pocahontas 1995 L’air du vent chanson du dess Mass Hysteria Mass Protect s 1997 Tryo L’hymne de nos campagne ire Resp 3D ey Mick 2002 2004 Hocus Pocus J’attends (album complet) 2005 Gojira “From Mars to Sirius” ns citoye s arbre Aux Noah 2006 Yannick 2007 Zazie Je suis un homme de l’instituteur 2008 Grand Corps Malade Le blues r in C 2010 Lily Wood and The Prick Praye 2013 Stromae Humain à l’eau 2014 Le PANG Vélorution

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miossec

V

oilà des artistes avec qui l’espace temps est troublé lorsqu’on échange avec eux. Presque vingt ans après l’album « Boire », Miossec peut encore s’inquiéter en disant « regarde un peu la France », mais il a acquis une certaine bienveillance envers lui-même et nous offre avec « Ici-bas, ici-même » un album lumineux et sincère où l’espoir côtoie la lucidité crue des constats parfois amers.

Zyva : Bonjour et merci de prendre le temps en pleine tournée pour nous répondre ; justement comment se passe ce début de tournée depuis le 7 octobre pour votre album « Ici-bas, ici-même » ? Christophe Miossec : Si je dis bien je vais faire de l’auto-promotion ! C’est super, c’est plutôt jouissif comme histoire... Z : Presque 40 dates, quelle est votre façon de tenir le rythme, quels sont vos mantras, votre hygiène de vie, vos façons de vous ressourcer ? M : Le truc c’est de ne pas déconner avec le sommeil, il n’y a que ça en fait. Z : Vous venez nous voir à Lyon le 19/12, avez-vous des souvenirs particuliers liés à cette ville ? M : Premier souvenir à Lyon c’était un stage à Libération au moment où ça licenciait… et sinon ce sont des rencontres ici. Z : Je vous ai entendu dire que vous alliez « brutaliser cet album » sur scène, comment vous y prenez-vous pour cela ? Ce qui apparaît si lumineux, mélodieux sur l’album est-il possible de violenter cela, et cela donne-t-il une autre couleur à certains de vos titres ? M : Disons qu’on a ce qu’il faut pour restituer le dernier disque, on est partis de l’orchestration du dernier disque pour tout refaire. Il y a une puissance sur scène qu’on n’entend pas forcément sur le disque. Z : De nouveaux instruments sont invités sur cet album (marimba, bandonéon… ), lequel pourrait le

12 / #rock #chanson #

mieux traduire l’esprit de cet album ? M : La marimba oui… on n’est pas obligés de sortir le gros attirail pour exprimer des choses qui peuvent être violentes. Je ne suis pas dans un moment comme ça... Z : Au niveau de l’écriture vous signez encore là de bien jolis textes. Sur le précédent album, dans la « chanson que personne n’écoute » vous dites que tout a déjà été dit : est-ce que vous pensez souvent à cela dans la phase d’écriture de vos textes, est-ce inhibant pour vous ? M : Non il y a toujours des petites failles, mais c’est vrai que tout a été dit et redit, mais il y a des histoires de probabilité là-dedans, c’est ça qui est fabuleux, on va faire des nouvelles chansons tout de même, c’est peut-être naïf de ma part, dans la chanson française j’ai l’impression qu’il en reste encore beaucoup à écrire... C’est même frustrant en fait ! Z : Les critiques sont très positives sur cet album, est-ce que cela a un effet sur vous ? M : J’y fais très attention, ça fait du bien, les comptesrendus de concert c’est encore plus intéressant. Z : Quand vous écrivez pour les autres, est-ce que vous avez besoin d’aimer l’artiste, ou est-ce que, tel un avocat, vous êtes capable de défendre n’importe quel univers ? Et est-ce difficile de refuser d’écrire pour quelqu’un ? M : Oh non la vie est suffisamment courte, il faut avoir de l’empathie… Il faut trouver quelque chose dans son univers sinon ça peut devenir désagréable…

Christophe Acker

Au téléphone, le 21/10/2014 Par : Julie Chazal


En écho aux titres de l’album :

Kymmo

Que venez-vous à peine de commencer ? (On vient à peine de commencer) Le prochain disque ! C’est maladif ! Qui vous aime ? (Qui nous aime) C’est une vraie question de chanteur ! C’est le problème et le drame du chanteur ! (rires) Que faites-vous le samedi soir au Vauban ? (Samedi soir au Vauban, le Vauban est un club à

Z : Vous avez mûri cet album durant deux ans, mesurant chacune de ses phrases, l’urgence que vous n’avez pas mise à le concevoir l’avez-vous placée dans la manufacture elle-même de cet album puisqu’il a été enregistré en 3 sessions de 3 jours ? Est-ce que l’un a induit l’autre ? M : Oui il y a eu 3 sessions de 3 jours à la maison pour tout mettre en place, et après on a eu une dizaine de jours à Paris. Oui mais le fait de concevoir le disque à la maison, c’est pouvoir être le plus moi-même en le faisant. Dès que je rentre dans un studio je me rends compte que c’est différent, ce n’est pas comme d’aller à l’usine, mais il ne faut pas perdre le fil en fait... Z : Que vous a apporté la collaboration avec Albin de la Simone ? Professionnellement et humainement ? M : C’est bien d’aller se frotter avec quelqu’un qui ne fait pas partie de la même tribu que vous, c’est très agréable. Il est altruiste, il se met au service, il va se faire mal pour le morceau. Ca fait du bien, c’est une chouette personne. Z : Vous posez beaucoup de questions sur cet album, est-ce l’album du doute, du questionnement ? Avez-vous la sagesse de penser que plus l’on avance, plus on a de doutes ? M : J’aime poser des questions. Il parait que l’heure est grave pour la chanson… Il faut que je digère certaines informations qui m’arrivent aux oreilles… Z : A méditer !

Brest, ndlr) J’ai trop fait là-bas ! Qu’est-ce qui vous atteint ? (Ce qui nous atteint) Actuellement, c’est cette montée de l’extrême droite en Europe, en France particulièrement. Jusqu’à quel point vous trouviez-vous bête avant ? (Bête, comme j’étais avant) Jusqu’au massacre ! Qu’est ce qui vous donne envie de dire « A l’attaque » dans la vie ? (A l’attaque) Vu le contexte actuel en France, le chanteur va peutêtre devenir utile… avec ce qui nous arrive, ce qui nous attend dans les prochaines années, le chanteur devra se prononcer, ça devient vraiment du sérieux, on n’est plus avec SOS Racisme quoi… Quels sont vos plaisirs et vos poisons ? (Le plaisir, les poisons) Une heure quarante de concert… mes poisons je baigne dedans… on est dans un pays empoisonné par les laboratoires pharmaceutiques… : En écho à la chanson non » : « répondez par oui ou par pourquoi ? Pleurez- vous souvent, et sinon Non, mais pourquoi pas… pourquoi ? Aimez-vous tuer le temps et sinon heures libres qui s’offrent J’adore ça tuer le temps… d’avoir des temps, c’est magnifique ! à vous et de pouvoir massacrer ce sinon pourquoi ? J’ose : dormez-vous habillé, et beau temps (rires) Ca dépend s’il y a de la pluie ou de pourquoi ? Pensez-vous vivre vieux et sinon c’est pas grave c’est de Non je ne pense pas vivre vieux mais famille en fait… e et sinon pourquoi ? Vous manque t-il quelque chos savoir quoi… Obligatoirement, mais j’aimerais bien

Ici-bas, ici-même

Label : Pias www.christophemiossec.com En concert le 19/11 au Transbordeur - Lyon

Titre d’un artiste qui vous représente vous, ou votre musique : Nina Simone - Here comes the sun www.zyvamusic.com \ 13


Richard Schroder

FEU ! CHATTERTON Au Sonic, Lyon le 16/10/14 Par Julie Chazal

A

rthur, accompagné de ses quatre musiciens pêchus, incarne ses textes de sa voix si particulière où la poésie et la rage servent la musique avec une étonnante maturité et une beauté toute particulière, portant les réminiscences de Bashung ou de Mano Solo parfois. Dans la cale du Sonic à Lyon, cinq étoiles dans la nuit sont nées ce soir…

Z : C’est tout frais, vous faites partie de la sélection FAIR 2015 (Fonds d’action et d’initiative Rock), quelle a été votre réaction et qu’attendez-vous de ce soutien ? Arthur : On est hyper heureux, il y a un an on a postulé à tous les prix qui nous semblaient intéressants, on était dans notre petit studio de repet à Paris… Là c’est un soutien sur le long terme, un soutien de conseil et d’accompagnement. Sébastien : On a moitié de budget sur le tour et l’autre moitié sur le matériel, l’organisation. Il y a une structure qui peut aussi permettre de jouer à l’étranger pour l’institut français. On va faire une formation de prise de son aussi. Z : Et dans FAIR, il y a le R du Rock, alors heureux de ne pas être ralliés qu’à l’étiquette « chanson française » ? S. : On est contents mais c’est normal que la première porte d’entrée ait été les textes, et le soit pour les gens qui nous découvrent, mais le rock ça a toujours fait partie de notre musique. On aime ce mélange chanson française et rock. A. : On n’a jamais eu l’impression que les gens se méprenaient sur ce qu’on faisait, jusqu’à présent on arrive à trouver notre place un peu partout. Z : Les références à Bashung et Gainsbourg sont clairement assumées, mais comment décide-t-on de faire du « Feu !Chatterton » en 2014 ? A. : Tu ne peux pas avoir de plan, projeter. Les goûts et les affinités font que l’on se retrouve et ça devient ce qu’on fait. Il y a ces influences très françaises dont tu parlais mais il y a aussi des influences beaucoup plus anglo saxonnes, des groupes de rock progressif

14 / #rock #français #gainsbourg #pop

comme Radiohead, ou bien avant Pink Floyd. C’est pas très réfléchi. Z : Dans vos chansons ça monte souvent doucement, vous prenez le temps de poser le décor comme pour mieux raconter votre histoire, est-ce que vous composez de façon très réfléchie pour raconter quelque chose, ou est-ce plus intuitif ? Comment ça se passe entre vous ? S. : C’est intéressant ce que tu dis, c’est naturel, c’est vrai que ça monte souvent comme ça, on aime bien les chansons qui nous font rentrer petit à petit dans l’univers et qui posent une ambiance qui va se charger de sens, de riffs, de mélodies… A. : Il y a ce va et vient qui fait qu’au départ c’est intuitif, et après il y a tout le travail autour de ça qui vient souligner cet emportement pour certains titres. Par exemple sur « La mort dans la pinède », l’idée qu’il y ait un moment saccadé, très rapide, est venu de l’écriture des paroles, ça a entraîné la voix ; sur « Côte Concorde », c’est plutôt le contraire, il y avait cette partie composée où j’ai commencé à chanter comme ça dessus. Et quand ça prend vie en live, on surligne vraiment ça, ces différences d’intensité. S. : Un point important c’est que ces changements d’intensité viennent souvent en répétition, par exemple les passages énervés des deux chansons citées n’apparaissaient pas du tout sur la maquette, il n’y avait pas cette énergie là. C’est en jouant tous ensemble qu’on a fait exploser les choses. Z : Arthur, tu es très influencé par le rap, comment fais-tu sonner tes mots, est-ce laborieux pour toi, prends-tu beaucoup de temps pour travailler cela ou as-tu l’écriture fluide, genre d’un seul jet ?


A. : Ca dépend des moments d’écriture. Par exemple « A l’aube », qui est spoken word, c’est venu d’un jet, il y a d’autres morceaux qui mettent très longtemps à germer, et dans la douleur. Ce qui est dur c’est quand je dois faire rentrer des mots dans une mélodie très précise, il faut contraindre, c’est un puzzle laborieux. Longtemps j’ai pensé que parce que c’était fulgurant d’un premier jet c’était un infime état de grâce, et non pas nécessairement en fait, il y a des choses faites après beaucoup de travail dont je suis plus fier aujourd’hui. Z : Et ce côté théâtral, te colle-t-il à la peau depuis toujours ou est-ce l’habit de Feu !Chatterton ? Arthur : C’est parce que je n’ai pas de guitare ! C’est assez naturel en fait. Sébastien : Il y a quelque chose qu’on essaie de donner sur scène, pas de l’ordre du jeu, une partie de nous qu’on relâche … Arthur : Mais c’est pas fait pour masquer un manque, c’est un plaisir à ce moment là d’exacerber ces choses là. C’est très commun à tout ce que le rock n roll a produit de meilleur, Chuck Berry, Iggy Pop, David Bowie, j’ai envie d’être dans cette énergie-là qui dépasse les bornes. Raphaël : Si tu venais en repet, tu verrais qu’on fait exactement la même chose, c’est pas un truc qu’on réserve à la scène. On saute aussi ! Z : Vous avez le projet de créer un concept album, on en doit l’origine aux chanteurs de jazz, est-ce que vous avez écouté beaucoup de jazz dans vos premières découvertes ? Et avez-vous déjà le thème du vôtre ? Arthur : Le jazz est commun à tous, mais le jazz instrumental plutôt. Raphaël : Du coup sur cette forme particulière il y a cette chanson de 15mn (Bic médium) qu’on va sortir sur un EP et ensuite on espère pouvoir faire dans notre album une partie concept avec 5/6 chansons isolées mais qui racontent une histoire du début à la fin, et dont « La mort dans la pinède » serait la fin. C’est plus inspiré de Gainsbourg ça, Mélody Nelson. Arthur : Le thème est très simple : une rencontre, une histoire d’amour, rien de plus classique mais fait à notre façon ! Artiste ou titre vous représentant vous, ou votre musique : Gainsbourg - Histoire de Mélody Nelson

MOODOID Par Rita Photos Kymmo

MOODOID

Je sais : encore de la Pop psyché. Mais là, lecteur de Zyva, je voudrais te parler d’une exception qui a su toucher mon coeur glacé de critique musical aigri ; Moodoïd est un joyau de Pop psyché sauce world. Compositeur, Pablo Padovani a su s’entourer d’une équipe de musiciennes qui défendent son univers avec ferveur. Après son EP en 2013, on attendait la sortie de l’album « Le Monde Möö ». Visite guidée... D’abord tu entres par la grande porte, Dans leur coeur les garçons veulent de la magie, une voix tendre t’invite à ouvrir ton coeur, douze cordes à l’appui. Puis, tu danses avec La Lune, et Didier Malherbe (Ex-membre de Gong) te berce avec son doux duduk... Mais là, PAF, la pépite ardente Bleu est le feu, te raconte une histoire pour enfant brûlante et dérape en rock aérien. Les oiseaux t’enveloppent de mystère avec leur intro brumeuse, zébrée d’un thème coloré. Rassasié, tu glisses dans les nuages sur Yes and You qui laisse place au sauvage Bongo Bongo Club, plongée dans les clubs parisiens des 80’s et les ballades Beatlesiennes. Mais ça y est, tu es arrivé à l’épicentre. Le trésor est enterré là. Les chemins de traverse, chute dans le trou du lapin, donne un éclat d’or au voyage. En écho aux garçons, les filles font que le temps est jouissif clôt le rideau sur le Monde Möö, DRING, réveille-toi, Alice. Très bien arrangé, truffé de collaborations superbes, mixé (notamment par Kevin Parker de Tame Impala) et produit avec talent, “Le Monde Möö” est singulier et sensuel, plein de paillettes, de fumées moelleuses et de coups de foudre. Cours te le procurer ! Si tu ne le fais pas, tu risques de le regretter : ce n’est que le début pour Moodoïd. + d’infos : moodoid.com

facebook.com/feu.chatterton En concert le 22/11 au festival Nouvelles Voix en Beaujolais

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Arnaud Breysse Kymmo

Par Julia

HOLY TWO

Holy Two est un duo lyonnais tout jeune, tout frais, tout récent mais qui à mon avis n’a pas fini de faire entendre parler d’eux. Ils se sont rencontrés pendant leur études d’architecture il y a à peine 2 ans et ont commencé par des reprises en acoustique. Leurs influences se font beaucoup ressentir à travers leur musique, telles que Bon Iver, Alt-J ou encore The XX. Elodie, jeune femme à l’allure assez discrète se démarque par sa voix si magique, à la fois fraîche et envoûtante. Elle est accompagnée par Hadrien à la guitare et également au chant. Leur complicité permet un mélange parfaitement homogène et pur. Leur univers penche plutôt vers celui de l’électro-Pop, dû aux synthétiseurs ainsi que leurs multiples samples électroniques utilisés pour leur composition. Leur premier EP éponyme est sorti l’année dernière, et leur a permis d’accéder à plusieurs concours comme “Sosh aime les InRocKs Lab”. Il nous transporte dans un univers parallèle, proche d’un petit bout de paradis grâce à leur musique épurée et mélancolique. Pour leur prochain opus, le duo nous propose une variante totalement différente. Cette nouvelle expérience intitulée “Eclipse” présente une collaboration entre ce dernier et Zérolex, un jeune Beatmaker à l’influence plutôt hip-hop. Un pari osé de réunir deux styles plutôt opposés mais qui nous a agréablement surpris. La sortie est prévue pour le 19 novembre. + d’infos : www.cascaderecords.fr

LULL the epilogue

Choisi en référence à une face B de Radiohead période OK Computer, “Lull” est le pseudonyme de Florian Pessin qui nous livre aujourd’hui un premier album intitulé “The Epilogue”. Après de nombreux concerts, 4 EP derrière lui, et une participation au Ninkatour de Lyon, Lull part s’installer à New York où il composera les 12 titres de ce long format. Avec sa pochette très esthétique et poétique cet album est un petit bijou brut et sensible. Florian nous invite dans son univers et se livre avec des textes intimistes dans un anglais impeccable. “The Epilogue”, album teinté de folk, blues et rock est ainsi très marqué par la culture américaine et nous envoie tout droit en Louisiane ou sur la route 66 pour un vrai dépaysement. Alternant les rythmes enjoués et les registres plus sobres avec des ballades folk, cet album est un pari réussi et très bien produit. Enregistré à la Bobine à Grenoble, “The Epilogue” nous démontre ainsi le talent d’un vrai songwriter à la voix singulière dans la lignée des grands, qui nous rappellera parfois Ben Harper, Jack Johnson sur “Wasted Afternoons” ou encore Ryan Adams. Lull nous propose un voyage qui puise sa source dans le blues et la soul tout en y apportant sa touche originale. La finesse des arrangements et le travail sur les sons des guitares et des autres instruments organiques sublimeront l’ensemble. Sorti le 15 septembre dernier, “The Epilogue” est disponible à la vente sur toutes les plates-formes numériques... + d’infos : www.lull.fr

16 / #pop #folk #local

Par Emilie


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François Bertier

a r o f o f lo 0/14. Par David

L

Par Téléphone le 17/1

ofo’, ce vieux briscard de la scène métal/punk/fusion française (la formation existe officiellement depuis plus de vingt ans maintenant !) revient régulièrement pour nous rappeler qu’ils ont encore et toujours des choses à dire (et généralement ils font ça plutôt bien), et c’est encore le cas avec l’album “l’épreuve du contraire”, sorti en septembre dernier chez At(h)home et qui fait suite à “Monstre Ordinaire”. Zyva en a profité pour passer un coup de fil à Reuno pour discuter de choses et d’autres. Voici donc un extrait, le reste est sur le site ! ZYVA : Il parait que votre date à Chambéry a été annulée ? Reuno : Apparemment c’est le nouveau maire de Chambéry qui a décidé qu’il ne voulait plus de nous. Du coup, comme il a annulé la date et qu’il va y avoir un jour off entre deux dates, ça nous coûte de l’argent quand on est sur la route sans faire de concert, t’imagines. Du coup on va être reprogrammés au mois de février et il va devoir nous indemniser en plus, ce qui va lui coûter plus cher, enfin voilà… encore un mec qui a tout bon ! Z. : En parlant de municipalités et politique, ça me fait penser à la chanson La Tsarine, sur Mme Le Pen, de votre dernier album, vous ne voulez pas aller faire un petit concert à Béziers ? R. : Euh, ouais faudrait une association qui se bouge parce que nous on ne va pas se ramener avec nos guitares sous le bras et puis dire “tiens on fait un concert”, ça ne peut pas se passer comme ça… mais oui oui, l’autre connard de Ménard on aimerait bien venir lui péter les oreilles à défaut d’autre chose. Z. : Des chansons comme La Tsarine, peuvent-elles avoir des conséquences ? R. : J’écris surtout des chansons pour poser des questions, pour faire réfléchir les gens, pour les pousser eux-mêmes à leurs propres réflexions, parfois j’avoue, j’écris des chansons juste parce que ça me défoule. Et pour la Tsarine, c’est un petit peu le cas ! Je ne sais quel répercussion elle aura, je m’en cogne un peu, et ça m’a fait du bien de hurler ça après la soirée des municipales qui a eu lieu et il fallait que ça sorte, voilà.

18 / #punk #metal #ripschulz #nucléaire

Z. : Schultz, le chanteur de Parabellum est décédé le 12 septembre 2014. j’ai le souvenir de le voir sur scène sur les tournées du Bal des Enragés. Tu en gardes quel souvenir ? R. : Ma rencontre avec Schultz remonte à il y a à peu près dix ans, au moment où Parabellum m’ont demandé d’écrire des textes pour eux, donc j’ai écrit la moitié des textes sur quasiment les trois derniers albums. Ça m’a fait super plaisir, et puis leur ancien manager m’a dit que je lui avais écrit des chansons sur mesure pour lui, je pense qu’il se sentait à l’aise dans mes mots, comme un tailleur peut faire un costard pour quelqu’un. Avoir été sur scène avec lui, avec le Bal des Enragés, c’étaient des grands moments ! Ce mec-là était un rock’n’roller, mais vraiment, avec le mot “roll” dedans, il avait le groove, le petit déhanchement qui va bien. [...] Il va nous manquer encore très longtemps, c’est encore un peu sensible, j’ai un peu de mal à me faire à l’idée que Schultz n’est plus avec nous. Z. : En lien avec notre dossier sur l’écologie à travers la musique, peux-tu nous donner le positionnement de Lofofora sur ce sujet ? R. : La chanson la plus écolo que j’ai écrit sur “Le Fond et la Forme”, s’appelle Histoire Naturelle qui traite vraiment de ça, et sur notre dernier album, un titre qui s’appelle Notre Terre… C’est un sujet qui nous tient énormément à cœur, on entend les gens s’agiter pour des triples A, des notes financières, des prix du gazoil et des portiques ecotaxe. Mais voilà, les amérindiens disent : “Quand on aura sali la dernière rivière, quand on aura coupé le dernier arbre, on se rendra compte qu’on ne peut pas


Anthéa Photographie

manger de l’argent.” Aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi l’écologie est autant dénigrée en politique, je ne comprends pas pourquoi on nous fait croire que le nucléaire c’est de l’énergie pas chère alors qu’on ne sait pas quoi faire des déchets et que de les retraiter, ça n’existe pas pour l’instant. On ne sait pas les rendre complètement inoffensifs, donc ça fait des tas de merde, du poison jeté dans les océans, qui est enterré dans du béton, c’est n’importe quoi ! [...] Donc de notre côté, notre engagement se situe dans le fait d’inviter des gens de “sortir du nucléaire” pour tenir des stands d’information sur notre dernière tournée. Et cette année, ce sont des gens de Sea Shepherd qui vont venir pour informer notre public de la préservation des océans.

Z. : Comment vois-tu cet engouement des groupes musicaux envers Sea Sheperd ? R. : Sûrement parce qu’ils sont un peu virulents dans leurs façons d’agir, ils ne font pas dans la demi-mesure et le Rock est une musique qui ne fait pas dans la demimesure non plus, je pense que c’est dans l’intention qu’il y a des similitudes. Z. : En tant que groupe, quels gestes écolos faitesvous au quotidien, en tournée…? R. : On n’a pas de camion à énergie solaire, on est désolés, on n’a pas les moyens d’arranger le bilan carbone de nos tournées, l’électricité dans les salles est encore au nucléaire, on ne vient pas avec une cinquantaine de petits chinois qui pédalent derrière la scène pour que ce soit plus écolo, on n’a pas les moyens… Je recycle mes ordures sinon ! (Rires) Titre d’un autre artiste qui vous représente vous ou votre musique : OTH - Parce que ça nous fait plaisir

Ninkasi Kao le 17/10/14. Texte et photos : Phillippe “Pippo” Jawor

triggerfinger Joyeux quarantenaires, les Belges de Triggerfinger mettent le feu partout où ils passent. Après avoir écumé les festivals de l’été, ils reprennent une tournée marathon à travers l’Europe avec, évidemment, un passage à Lyon, où nous les avons rencontrés. La création, chez Triggerfinger, s’exprime de toutes les manières : sur scène, bien sûr, mais aussi sur des bandes originales de films et, bien entendu, sur disque. Le dernier en date, « By Absence of the Sun », a été enregistré à Los Angeles, et tout en analogique. « Au studio, il y avait des machines de partout : des enregistreurs 24 pistes qui tournaient en même temps, plus des plus petits qui tournaient en plus, parce que le producteur les utilisait pour créer des effets sur les voix ou les instruments », précise Ruben. Malgré ces sessions d’enregistrement outre-Atlantique et de très claires influences anglo-saxonnes, pas question pour Triggerfinger d’attaquer le marché américain. Paul Van Bruystegem, le bassiste, en rigole « ça nous a déjà pris pas mal de temps de construire quelque chose en Europe, alors recommencer un chemin de 25 ans maintenant... » et d’ajouter, plus sérieux « que le public soit américain, français ou polonais, on s’en fiche pas mal ; nous tout ce qu’on veut c’est jouer ». Et ils aiment tant jouer qu’ils l’avouent, rigolards : « Si on avait à choisir entre juste faire de la musique et juste avoir de l’argent, on choisira tous de jouer sans argent... c’est d’ailleurs comme ça qu’on finira ! » + d’infos : www.triggerfinger.net

L’Epreuve du Contraire Label : At(h)ome

www.lofofora.com En concert le 04/12 au Ninkasi Kao - Lyon

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Herr Geisha and the Boobs The Dead Machine That Goes Ping Par Rita

The Amsterdam RedLight District Gone for a while Par Philippe “Pippo” Jawor

De l’air guitar et un saut, emblématique : chez TARLD, on en a fait une signature et on appelle ça « la guibolle ». Forcément, c’est ce qui attire l’œil en premier sur la pochette de « Gone for a while », le nouvel album du plus californien des groupes lyonnais. Pourtant, c’est l’arrière-plan du cliché qu’il faut regarder : tiens, des avions ? On y est : le voyage, l’évasion, mais aussi le temps qui passe ; ici se trouvent les thèmes principaux de cet album. « Gone for a while » ne fait pas dans la dentelle : riffs rapides et énervés, backs hurlés, soli acérés, l’énergie de The Amsterdam Red Light District n’est pas feinte. Tout au long de l’album, on s’imagine sans peine dans une muscle car américaine, filant sur la route, pedal to the metal ! Sans tomber dans le cliché de « l’album de la maturité », on sent que les gars de TARLD emmènent leur punk rock énervé sur un terrain toujours plus évolué, toujours plus sombre, et toujours plus maîtrisé. « Gone for a While » a été enregistré en douze jours à l’Hacienda de Tarare, sur bandes magnétiques. « Une des choses les plus dures que j’ai jamais eu à faire », reconnaît Elio, le frontman du groupe. « Il te faut l’énergie d’un concert avec la précision millimétrée d’un enregistrement classique, sans droit à l’erreur ». La précision est assurément là ; rendez-vous au Ninkasi Gerland le 4 novembre pour vérifier l’efficacité de ces nouveaux morceaux en live, pour une release party qui s’annonce déjà explosive ! + d’infos : www.tarldtheband.com

Mes bien chers frères, afin de fêter avec vous la fin de l’année en toute dignité, je vous présente le dernier album d’Herr Geisha and the Boobs, un groupe de rock bien lyonnais. On y reconnaît le son très particulier de Boris, chanteur et guitariste du groupe (mais aussi gratteux de PoiL...) baptisé Herr Geisha pour l’occasion, accompagné de Lady Body (Batterie) et Sir Bottom (Basse). L’alléchant « The Dead Machine That Goes Ping » est un album au son gras, caffi de riffs lumineux et de microcosmes obscurs, torturés. Voici une liste non-exhaustive des morceaux à s’écouter en fin de soirée (ou en début de matinée, à vous de voir)... L’excursion s’amorce par le tubesque “Skolofenstrü”; là où l’efficacité de la Pop anglaise s’accouple avec la délicatesse légendaire de Motorhead... suivi par le colérique Fokya, une promenade au pays de la haine, guitare écorchée et désespérance vocale. Les amateurs de grasdouble au saindoux aimeront aussi Freesbee... trois notes tordues à la guitare qui te mettent une tension insoutenable dans les artères avant de les exploser grave à grands coups de riffs qui tuent, soutenues par la très grosse frappe de Lady Bottom, une batteuse qui fait mal là où ça fait du bien. Un morceau à faire frissonner la moustache de Clint Eastwood. Mais il y en a aussi pour vous, les timides du fond de la salle, oui, vous ! Vous pourrez vous laisser porter sur Shadows, une ballade introspective ultraminimaliste qui n’est pas sans rappeler l’effet gueule-de-bois du dimanche soir. Bref, un album bien membré qui n’attend que vous pour s’exprimer en public. Et oui les mecs, la machine est loin d’être morte et c’est une fabrique à riffs atomique. + d’infos : herrgeishaandtheboobs.bandcamp.com

20 / #hxc #punk #studiohacienda #bizarre



Laurene Berchoteau

Au téléphone, le 18/10/2014 Par Julie Chazal

U

ne quinzaine de tracks à son actif en 3 EP (Nowadays records), une visite aux plus grands festivals cet été et un album en préparation, Fakear nous régale depuis déjà un bon moment avec les voyages sonores qu’il propose. Beats électro hypnotiques et trip-hop lancinante cotoyant des samples ethnico-traditionnels, c’est son carnet de voyage à lui, et il est capable de nous emmener bien loin dans des contrées orientales aux doux noms évocateurs... Fortement influencé par la rage brute de Noir Désir, et par la profondeur et la douceur de Bonobo, Fakear porte ces contrastes en lui et dans sa musique à la fois contemplative et affirmée. Mû par l’émotion, et toujours en recherche de sincérité dans sa musique ou celle des autres, c’est un artiste qui se livre avec une grande sensibilité. On l’a cueilli entre deux dates, telle la fleur du cerisier de « Morning in Japan », pour notre plus grand plaisir, en attendant patiemment sa venue à Lyon le 19 décembre prochain.

Zyva : Comment l’aventure solo Fakear a commencé ? Et quelle est ta formation à la base ? Fakear : Le langage musical m’a été donné par mes parents dès le plus jeune âge. Après j’ai un parcours assez classique de lycéen qui évolue dans les groupes de rock et j’en suis venu à composer ma propre musique jusqu’à ré-échantillonner tout ce que j’enregistrais moi de mon côté, pour en faire ensuite des morceaux plus électroniques. Et Fakear est né il y a 4 ans. Z : D’où vient le nom Fakear orthographié comme ça ? Une signification ? F : Oui ça vient de la contraction de « fake » et « ear », « fausse oreille », passer du rock à l’électronique, c’est ne plus représenter les instruments de la même manière, un jeu de mots et une façon de dire « voilà, je fais de la fausse musique avec ma “Avant je fausse oreille » !!!

composais tout seul via un clavier et même à la souris !”

Z : Ok ! Quelle est la première machine que tu t’es offerte pour démarrer ? Et quel matos convoites-tu en ce moment ? F : J’ai toujours fonctionné avec un ordinateur, mais un ami m’a vendu une MPC à un prix dérisoire, et j’ai

22 / #electro #triphop #bonobo

commencé à me former dessus. Avant je composais tout seul via un clavier et même à la souris ! Je suis pas trop un geek de matériel, je le deviendrai peutêtre en me cultivant dans ce domaine-là mais c’est pas la marque ou l’instrument qui compte pour moi, mais la musique qui est derrière. Z : Tu te sens plus proche de l’électro ou du trip hop ? F : C’est rigolo car les gens divisent un peu la musique électronique en trois genres : le hip hop, l’électro house dansante et le trip hop un peu inclassable, moi je ne sais pas où me situer, j’emprunte un peu partout, je fais de la musique électronique au sens large. Z : Comment as-tu choisi les voix un peu « japonisantes » pour tes samples et tes premiers EP, ce sont toujours des voix féminines, est-ce un parti pris ? F : C’est pas vraiment un parti pris, c’est un truc super naturel, c’est ce qui me parle le plus, me touche le plus, ce que je trouve le plus beau, et les voix orientales ça oui c’est un parti pris par contre, j’ai pas envie de chanter de la soul, du jazz ou du gospel ou des musiques traditionnelles aux racines du rock ou du jazz, parce que c’est très connoté hip hop ; pour moi la world music c’était le moins connoté et ce qui


me permettait d’être le plus libre. Les voix japonaises ont été plus faciles en termes d’appropriation pour moi. Z : Et au premier plan du très beau « two arms around you » il y a la voix de Sonia O’Kobbo, comment est venu ce projet de featuring ? Apparaitra-t-elle sur l’album et t’accompagnera-telle sur ta date à Lyon en décembre ? F : Et bien écoute peut-être, on s’est rencontrés via Soundcloud, je suis tombée sur un de ses morceaux et j’ai trouvé ça magnifique en me disant « c’est vraiment la voix qu’il me faut » ! Si on a envie de retravailler ensemble ce se fera avec plaisir, on a des morceaux avancés mais je ne sais pas encore pour l’album car la forme n’est pas encore définie. Z : L’empreinte world est en toile de fond de nombreux de tes morceaux, à quand des musiciens qui se raccorderaient à ton set live pour plus d’authenticité et pour sortir des machines ? F : Justement, actuellement ma formule live évolue vachement, on a une nouvelle scénographie qu’on amènera avec nous à Lyon, et un musicien qui se rajoute aux claviers et sans doute basse bientôt. Je sais pas si j’ai envie de rajouter des musiciens world qui jouent les samples d’instruments que je découpe moi, j’ai pas envie de franchir le pas vraiment vers le côté world, j’ai envie que Fakear reste intemporel. Peut-être dans un futur éloigné je bosserai avec des musiciens traditionnels authentiques, mais c’est pas encore dans mes plans. Z : Et qu’y a-t-il dans ton mp3 en ce moment ? F : Je suis toujours branché sur Bonobo ! De la jungle aussi, je trouve ça dingue, j’écoute beaucoup Flume aussi, Jun Miyake donc et la scène actuelle aussi avec Kaytranada, Dream Koala, Cashmere cat... Z : Au niveau de la scène, comment occupes-tu la place ? Et est-ce par souci d’honnêteté ou de partage que tu joues, tous pads dehors, orientés vers ton public ? F : Ouais, je l’ai fait dès le début, pour moi c’était logique en venant du rock de montrer aux gens ce qui se passe, comme on voit un guitariste jouer sur sa guitare, on me voit jouer sur mes machines, j’en ai deux parce que j’ai envie que ce soit ludique et pédagogique, pour montrer que je ne joue pas le même sample, pour voir les différents sons que je peux manipuler en live. Ca marche bien ! Et on a une scénographie qui habille maintenant bien l’espace, tu verras sur Lyon, mais je ne dis rien, on va pas gâcher la surprise ! Z : OK, c’est cool ; et sinon est-ce que tu es quelqu’un d’engagé dans la vie ? Quel genre de cause te parle ou t’atteint ? F : Oui, mais j’ai pas la prétention de me dire militant, je

ne suis pas assez renseigné, il y a plein de choses qui me touchent, je suis issu de la classe moyenne, fils de profs avec tous les engagements qui peuvent en découler, j’ai fait beaucoup de social et je suis entouré de gens qui bossent dans ce milieu, du coup je me tiens au courant.

“...trois jours en camion et le bilan carbone de la tournée Fakear est désastreux !”

Z : Je te posais la question aussi parce qu’on sort un dossier sur « écologie et musique » dans le prochain numéro, est-ce que cela t’évoque quelque chose ? Est-ce qu’on peut mettre un peu d’écologie dans la musique selon toi ? F : Ouais carrément, si je pense « musique et écologie » c’est tourné vers le live, vers des questions comme : « comment faire pour que la tournée d’un musicien soit écologique, la faire avec des moyens écologiques », je ne suis pas fan du message à faire passer dans les chansons, même si c’est important et qu’il faut le faire, mais je suis moins dans cette démonstration, je me dis autant faire en sorte de rouler en van hybride, électrique. Tu vois par exemple on vient de faire Toulouse/Metz/ Le Havre en trois jours en camion et le bilan carbone de la tournée Fakear est désastreux ! Z : Comme beaucoup de tournées, les dates sont incohérentes géographiquement parlant ! F : Ouais carrément et c’est dingue pour la pollution engendrée... Ouais pour moi « musique et écologie » ça se joue plus du côté de la scène et des moyens de transport. Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter toi ou ta musique ? Bonobo - Kiara Sans hésitation, et même le prélude qui le précède, c’est un titre dont je me suis tellement inspiré, si ce morceau n’avait pas existé Fakear n’aurait pas la même forme !

Sauvage EP

Label : Nowadays Records

soundcloud.com/fakear En concert le 19/12 au Transbordeur - Lyon

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Au téléphone Le 22/10/2014 Par : Sylk. Photo : Benoit Dogniez

chill bump A

l’aube de la parution de leur premier album Ego Trip (sortie le 03/11/14, Release Party le 13/11/14 à la Maroquinerie), nous avons tenu à interviewer ce duo originaire de Tours qui trace sa voie depuis maintenant 4 ans.

Z. : Quatre EPs en seulement un an ! B : Oui (rires). On aime bien ce fonctionnement, le côté spontané offert par internet, tu finis un morceau, ça te plaît boom, tu le balances ! Ça c’est un fonctionnement que l’on a envie de conserver.

Zyva : Le groupe s’apprête à enchaîner une tournée de 21 dates, tournée qui passera bien évidemment par Lyon et sa région. Cette fin d’année s’annonce donc comme une période très faste pour vous. Peuxtu présenter Chill Bump et nous retracer brièvement le chemin parcouru jusqu’ici ? Bankal : A la base nous sommes des potes d’enfance. J’ai rencontré Pierre aka Miscellaneous (MC), dès qu’il a débarqué à Tours par l’intermédiaire de son cousin (Pierre est né et a grandi en Angleterre… ce qui explique son accent anglais impeccable, ndlr). Nous avons vite fait de nous rapprocher car nous avions tous deux les mêmes passions à savoir le rap, le basket et les émissions de radios… Ensuite nous nous sommes un peu perdus de vue, moi me focalisant sur les machines et le scratch, et lui distillant son flow au sein de diverses formations (Fumuj, Rytmétix, B-LogiQ, Kawa Circus) ainsi qu’en featuring pour d’autres artistes (dont Dr Flake et Metastaz). Nous nous sommes revus courant 2010 et quand je lui ai demandé s’il comptait se lancer sur un projet solo, il m’a répondu : ‘’Et pourquoi pas faire un truc ensemble ?’’ Nous avons donc commencé à bosser ensemble et diffusé nos premières productions sur le web dès 2011, le clip de Lost in Sound notamment … puis les EP Starting From Scratch, Back To The Grain, Hidden Strings et The Loop.

Z : Qu’est ce qui vous an- “Notre volonté ime justement ? Quelles étaient vos motivations était de revenir avant de vous lancer dans aux sources, ce projet ? d’être authenCB : L’idée de base était de vraiment revenir à ce que tique, de faire nous, on aimait… dans le ce que l’on aime sens où moi j’étais parti dans les championnats de scratch écouter.” par équipe*, lui posait son flow sur des compositions issues de groupes de divers horizons (rock, jazz, fusion, afro beat…) mais tous ces projets n’étaient pas à proprement parlé des projets de rap... Notre volonté était de revenir aux sources, d’être authentique, de faire ce que l’on aime écouter... D’où le nom de l’album, ‘’Ego Trip’’.

24 / #hiphop #egotrip #raistlin

Z : En parlant de “trip”, vos clips ont le mérite d’être construits sur des concepts originaux. Je pense à Home Sweet Home ou Water Boycotter notamment… Comment fonctionnez-vous pour concevoir vos clips ? B : Tous les clips des EPs ont été réalisés par Benoît Dogniez, un ami de longue date qui a fait partie intégrante du team dès le début. En règle générale on s’asseyait à une table et Miscellaneous nous expliquait ses lyrics. L’objectif était de mettre en images les textes et d’être


raccord au niveau de l’ambiance et de coller au plus près avec ce qu’il exprime. Donc concrètement, on s’appuie sur les textes pour définir le concept de chacun des clips, on déroule, comme un fil rouge… Z : Et concernant vos concerts, quelle est votre approche vis-à-vis de la scène ? Apportez-vous un soin particulier à la scénographie ? B : On est les premiers à pas forcément kiffer les concerts de rap, dans le sens où trop souvent il n’y a pas vraiment d’efforts faits au niveau de la forme… nous on a envie d’aller plus loin, d’autant que l’on n’est que 2 sur scène donc on doit trouver le moyen d’occuper l’espace. Afin de préparer nos lives, on a demandé à Nicolas Majou, danseur hip hop et chorégraphe de nous accompagner. C’est important d’être bien entourés ! Z : On viendra apprécier le résultat au Marché Gare le 28/11 prochain ! D’ailleurs, j’ai vu que c’est Raistlin, un artiste grenoblois, qui ouvrira pour vous ce soir-là… Le connaissez-vous personnellement ? B : En fait on l’a rencontré en mars de cette année lorsque l’on est passés au Ninkasi, il était dans les back stage… il est super cool. Du coup j’ai écouté ce qu’il fait et j’ai trouvé ça carrément bon. Je ne savais pas qu’il faisait notre première partie, en fait, tu me l’apprends ! C’est cool, ça le fait… D’ailleurs on a hâte de revenir à Lyon car il y avait vraiment une ambiance de fou ce soir là, on s’attendait vraiment pas à ça !

“on a hâte de revenir à Lyon car il y avait vraiment une ambiance de fou ce soir là.”

Titre d’un artiste qui vous représente vous ou votre musique : Eyedea & Abilities - Now C’est un titre sorti en 2004 issu de l’album E&A que nous avons découvert chacun de notre côté et qui fait partie des albums qui nous ont marqués tous les deux. Autres artistes que nous avons en commun : Edan, un rappeur de Boston que nous apprécions tout particulièrement. * Champion de France IDA et Vice Champion de France DMC en 2010.

Ego Trip

Auto production

www.chill-bump.com En concert le 28/11 au Marché Gare - Lyon

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Par Julia

Gui BORATTO Habituellement si on vous parle de musique brésilienne, vous vous attendez à tout sauf à de la techno. Ce n’était pas de l’avis de l’homme qui a révolutionné la musique électronique locale et même internationale. Ce monsieur que l’on pourrait croire tout droit sorti de la capitale allemande, nous vient des terres chaudes de São Paulo. Et pourtant, il a quand même ce lien fort avec ce pays de l’Europe centrale, puisqu’il est un des poulains de l’imposant label berlinois, Kompakt, qui recense de grands producteurs de la scène techno/minimale tels que Sascha Funke ou encore Mickael Mayer. C’est en 2006 que l’aventure débute, avec sa nouvelle maison, et Chromophobia, sorti à peine un an après, le propulse en haut des classements Beatport. Ses deux albums suivants sont des cartons, et il est mondialement connu pour ses remixes de Massive Attack ou encore Goldfrapp. Aujourd’hui, alors qu’il vient de fêter son quarantième anniversaire, il sort son quatrième opus, “Abaporu”. A travers cet album, on retrouve les sonorités de ses machines qui font sa marque de fabrique, des notes de techno acidulée et chargée d’émotion, une minimale bien typique. Mais il se différenciera des autres puisque l’on retrouve quelque chose de complètement nouveau, les mélodies sont bien plus douces, plus tournées vers l’ambiant, on ressent presque la chaleur du Brésil dans certains de ses morceaux comme Please Don’t Take Me Home ou encore Too Late. La deep-house, qui est actuellement la tendance électro du moment, fait son apparition dans cet album. Le savant mélange de genres nouveaux et de sa patte fait de lui un artiste qui sait faire bouger les scènes internationales. Ce quatrième opus laissera peut-être les fans Dubitatifs, entre ceux qui seront agréablement surpris par ce tournant, influencé par la vague du moment, ou ceux qui seront déçus de l’évolution de leur artiste préféré. + d’infos : www.guiboratto.com.br

26 / #electro #techno #cquixav?

LMX (la mère à Xav’) Par Marie

Les inséparables producteurs, hautement influencés par « la minimal et la techno qui tapent » comme ils le disent, se voient programmés à Eurexpo pour la fameuse Dantesk. Impulsés par les premiers SpinTwist, les mélodies cadencées et linéaires de leurs productions tendent vraiment à reprendre cette ambiance de teuf cartoon rigolote et euphorique d’il y a quelques années. S'il fallait les « mettre dans une case », ce serait la « progressive-trance ». Bien loin de la philosophie du « chacra, mantra » de la psy-trance, ce qu’ils veulent transmettre quand ils sont sur scène, c’est de la joie et de la bonne humeur. Ne voulant pas se cantonner à un style musical (ils ont un projet techno dans un coin de leur tête), ils puisent les ingrédients de leur recette festive dans une large palette sonore. Des mélodies légères, joyeuses et entraînantes, sur un fond de basses bien puissantes et envoûtantes, qu’importent les composants qu’il faut y mettre : « En ce moment on écoute pas mal de psy-gressive et surtout ce qui sort sur Xénon Records car les morceaux d’LMX, c’est un bol d’air frais, un moment plaisant attrayant où on ne se prend pas au sérieux. Et même si nos potes nous poussent à faire de la communication, on veut rester dans l’optique de faire du son pour kiffer et non pas pour cartonner ». Et en effet, ils sont bien loin du mainstream et du star system les deux énergumènes ! Le duo tient vraiment à continuer d’être proche du public, de boire « les bières qu’on te fait tourner quand tu joues » et le fait de « rejoindre tes potes devant le son après un concert ». L’omniprésence de ce côté « teuf » chez LMX donne un aspect singulier à leurs productions avec toujours cet appel à la bonne humeur qui fait plaisir à entendre ! + d’infos : soundcloud.com/lmx-music


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Par Hedi

Portrait

David

David Strickler

Morel

M

usicien amateur de 15 à 25 ans, David Morel (aka Monsieur Mô) est passé par les bancs de la Faculté de Bron (ndlr : AES jusqu’en maîtrise puis politique d’actions culturelles). A cette époque il n’y avait que peu de formations dédiées aux musiques actuelles « fin des années 80 début des années 90 en terme de formation il n’y a pas grand chose ». Après un stage à l’ANPE Culture et Spectacles qui ressemblait « surtout à une agence de casting pour le cinéma », il participe à des modules de porteur de projets culturels avec l’envie de créer une association qui rassemblerait les œuvres phonographiques. Par l’intermédiaire de connaissances, il se retrouve à répéter dans les caves de ce qui sera le futur Pezner à Villeurbanne. On lui propose de travailler en tant que bénévole sur la partie administrative, ce qui lui permettra de rejoindre l’équipe fondatrice de ce lieu mythique en octobre 96 : 5 ans de Pezner ça équivaut à 10 ans de Smac, j’assume (21 concerts le premier mois). Cette première expérience aura forgé notre ami en le mettant de plain-pied dans la vie active. En 2000, le Pezner vit une situation de crise. Comme le projet avait changé de cap, David décida qu’il était temps d’arrêter. Cette expérience lui aura permis la rencontre d’une multitude d’associations qui produisaient des concerts, comme Médiatone ou Jarring Effects. La passion de David pour le numérique le dirigera naturellement vers l’édition de site web et le développement de projets multimédias « au début on avait un local de répétition puis on a commencé à s’enregistrer et se professionnaliser. Du fait de l’essor de l’informatique, en 1994-95, je disais à mes copains, je pense qu’il faut que l’on achète un ordinateur. On enregistrait les concerts en direct et gravait le tout sur un CD, révolutionnaire pour l’époque, et diffusion des concerts sur Internet (1997) Rico (un des fondateurs de Jarring Effects) avait investi dans l’achat d’un G3 ».

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Il intègre Jarring Effects en contrat jeune en août 2001 et reprend la comptabilité de l’asso « qui en avait bien besoin », acquiert une expérience dans « la gestion administrative et la merde qui va avec » . A cette époque deux groupes portés par le développement de la scène Dub, vont faire exploser les ventes de la petite structure, High Tone et Ezekiel. Les rentrées d’argent deviennent folles mais les frais de tournées, la crise du disque et le relatif succès des albums qui suivront, mènent la structure à la crise. Il fallait gérer les difficultés économiques et les soucis de gestion de l’association au quotidien « Tu es un peu aveuglé quand tu poses un chèque de 50 000 francs, et t’oublies que tu dois en faire un de 55 000 ». En suivra un licenciement économique de tous les salariés, à l’exception de David. Il fait le pari de revenir vers son banquier avec un compte serein au bout d’un an, pari gagné : « On a fait des erreurs, on ne va pas les recommencer ». Il faut savoir prendre des risques et innover, ils réduisent donc les productions et réfléchissent à la création d’une structure propriétaire de leurs bandes sons. Ils fondent la SCOP Jarring Effects Label, l’association continuant ses activités de booking. (et l’édition du Riddim Collision avec Active disorder ) La structure se porte bien mieux même si désormais les subventions font la différence : « à l’époque on était assez mauvais pour faire des dossiers de sub, on faisait sans, maintenant c’est l’inverse, c’est pas possible sans… » David aura également contribué à la création de la fédération des labels indépendants CD1D, en partant d’un constat simple « 3 millions et demi d’écoute sur Deezer et Spotify, pour un retour de 15000 euros, soit une écoute payée en millièmes de centimes d’euros. Par rapport à la grande distribution, on vend 5 euros moins cher, et on gagne 3 euros de plus ». Cette fédération regroupe aujourd’hui plus de 271 labels. Il est également actif au sein de l’UFISC, pour une autre économie de l’art et de la culture « ils ont écrit un manifeste, disponible sur leur site. Je t’invite vivement à le lire ». On en profite pour finir notre entretien sur sa vision de l’écologie. Pour lui, c’est un paradoxe : Il se définit comme anti-nucléaire même si « il faut bien des centrales nucléaires pour alimenter les serveurs de Google, basés au pôle Nord… Quand tu vois les photos satellites de la terre la nuit, tu te dis que l’on devrait déjà commencer par éteindre certaines lumières… Et si tu inventes l’énergie permanente, tu mets tout le monde dans la merde, enfin, tous ceux qui font du fric avec… Alors est-ce que l’on fout tous les gens d’EDF au chômage pour qu’il y en ait 50 millions qui vivent mieux ? Et là tu arrêtes de réfléchir et tu retournes à ton quotidien, tu prends ta voiture pour aller faire des courses ! »


JC SATAN

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AGENDA concerts en rhOne-alpes novembre / decembre 2014 Lyon 01/11 Telerama Dub Festival (Dub) Le Transbordeur / 23€ / 23h Maggy Smiss + DJ Waxmine (Electro Pop’n’roll) Ninkasi Kafé / gratuit / 21h Joke + Dinos Punchlinovic (rap français) Ninkasi Kao / 23€ / 19h30 David Enhco Quartet + Florent Nisse Quintet (Jazz) Le Périscope / 10€ / 21h Robedoor / Le Sonic / nc / nc Nowhere + Rising Blood + Between Skies & Mind + Ocean Asleep (Metal) La Marquise / nc / 20h DJ Overflow (Electro) La Marquise / gratuit / 23h

02/11 Sliding Words (Trip Hop) La Menuiserie / 8€ / 18h Sunday circle (Hiphop) Ninkasi Kafé

/ gratuit / 16h

Eluveitie + Arkona + Skalmold (Metal) Ninkasi Kao / 28€ / 19h Nothing (Relapse Rec / Shoegaze) Le Sonic / nc / nc 03/11 Sharon Jones & The DapKings (Soul funk) Radiant Bellevue / 30€ / 20h

DJ Carlos (salsa) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30

04/11 Fink + Douglas Dare (Electronica) Le Transbordeur / 25€ / 20h The Amsterdam Red-Light Distric + Above the North (Rock) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30

PoiL + Vitas Guerulaitis (Rock) Le Périscope / 9€ / 20h30 Acid Baby Jesus- Le Sonic / nc / nc 05/11 Imelda May (Soul Rock’n’roll) Le Transbordeur / 33€ / 20h Yodelice (Folk Pop) Radiant Bellevue / 30€ / 20h30

Lee Fields (Soul) Epicerie Moderne / 16€ / 20h30

Venetian Snares + Room 204 (breakcore) MarchéGare / 16€ / 20h30 Garmonbozia + Sin Tiempo + Kala (Rock) Ninkasi Kafé/ gratuit / 20h30 06/11 Loic Lantoine (Chanson) Marché Gare / 12€ / 20h30 St Lô+ Wild Wild Waves (Rock Electro / trip hop house) Jack Jack /

12€ / 20h30

Joris Delacroix + Kartell + Zimmer (Electro) Ninkasi Kao / 15€ / 22h Tim Holohouse + Nicolas Quirin + Julia Kat (Folk Punk) Kraspek Myzik / 6€ / 20h30

30 / www.zyvamusic.com

Grand Blanc Le Sonic / nc / nc DJ Freakistan (disco Hiphop) La Marquise / gratuit / 23h Alb + Monogrenade (Pop Rock) Le Transbordeur / 20€ / 20h45 Ogres de Barback + Eyo’nlé (Chanson) Radiant Bellevue / 27€ / 20h 07/11 Paul Woolford + Midland (house) Le Sucre / 15€ / 23h Guillaume Barraband (Rock) A thou bout d’chant / nc / nc Lady Leshurr + Maylan + Djack Turbulence + Kaiba Bling (Electro) Ninkasi Kafé / gratuit / 22h Dead Horse One + Cloud Atlas (néo psyche) Kraspek Myzik / nc / nc Pira.Ts (Hiphop) Toï Toï / 6€ / 20h30 Hollysiz + The Buns (Electro Pop) Le Transbordeur / 28€/ 20h30 Haste #17 : MM/KM + Container + EIDN + Heblank (Techno) Le Transbordeur / 13€ / 23h30 08/11 Halfminded Seagulls + L’armée du Rouge + Tifasband (Rock Alternatif) Le Court-Circuit /

Moore (Electro) Le Sucre / 5€ / 22h Flavia Coelho + Seu Matuto (World) Ninkasi Kao / 20€ / 20h Riddim Collision : Sin Tiempo + Elwood & The Harvey Orchestra + Metrofresh (Electro / Folk / Blues) Kraspek Myzik / 6€ / nc Diskö Punk Motherfuckers (Rock groove) Toï Toï / prix libre / 20h30 Raoul Björkenheim eCsTaSy + SkullTone (Jazz) Le Périscope / 12€ / 21h Marie Flore – Le Sonic / nc / nc 14/11 Les Fatals Picards + L’Armée du Love (Rock) Le Transbordeur /

08/11 Palma Sound System (Electro) Le Sucre / 10€ / 23h From & Ziel (Chanson) A thou bout d’chant / nc / 20h30 Maggy Smiss + DJ Waxmine (Electro Pop’n’roll) Ninkasi Kafé / gratuit / 21h La Garçonnière (disco) Ninkasi Kao /

100 ans de la Halle Tony Garnier : Blitz the Ambassador + La Marabunta + Le Beat Aftershow (Hiphop) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h Ycare (Chanson) Ninkasi Kao / 27€

Gratuit / 19h30

15€ / 23h30

Bee Tricks + The Wild Sons (Blues) Kraspek Myzik / nc / nc Younee’D Soul (nu Soul) Toï Toï / 7€

/ 20h30

Search for a New Land. A tribute to Lee Morgan (Jazz) Le Périscope /

10€ / 18h

Deluxe + Charlie & The Soap Opéra (Electro groove) le Transbordeur/ 23€ / 20h

09/11 All for nothing + Get off ! (hardcore) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h Archimède (Chanson Pop) Le Transbordeur / 22€ / 20h 10/11 Future (Hiphop) Radiant Bellevue / 33€ / 20h Tacocat – Le Sonic / nc / nc 11/11 Girls in Hawaii (indie Pop) Radiant Bellevue / 31€ / 20h Scène ouverte (Rock) Ninkasi Kafé / gratuit / 21h

12/11 Sizzla & The Firehouse crew (ragga) Ninkasi Kao / 26€ / 19h30 13/11 Tiken Jah Fakoly (Reggae) Radiant Bellevue / 30€ / 20h Manoo + Rocco + St Jean + Patrice

28€ / 20h

Meshell Ndegeocello (Jazz Soul) Epicerie Moderne / 20€ / 20h30 Shackleton + Mick Wills + Sacha Mambo (Techno) Le Sucre / 16€ / 23h Riddim Collision #16 : Al’Tarba + DJ Nixon (hip-hop abstract) Marché Gare / 16€ /20h30

Bottle Next + Aurelia Sun (harf Folk / Rock alternatif) Jack Jack / 12€ / 20h30 Zim (slam) A thou bout d’chant / nc / nc

/ 19h30

HNNY + Session Victim + Giovanni Damico (tech house) Ninkasi Kao / 15€ / 23h

Jeanne D4rk (disco transe) Kraspek Myzik / nc / nc Sun Screamin’ Wolves + Sly Apollinaire (Rock) Toï Toï / 6€ / 20h30 Supergombo + DJ James Stewart (groove Jazz) Le Périscope / 10€ / 21h Mirabo (Rock) La Marquise / gratuit

/ 19h45

15/11 Festival Riddim Collision (Dub) Le Transbordeur / 22€ / 22h Guilleton père & fille – A thou bout d’chant / 13€ / 20h30 Maggy Smiss + DJ Waxmine (Electro Pop’n’roll) Ninkasi Kafé / gratuit / 21h Raul Paz (World) Ninkasi Kao / 22€

/ 19h30

Animal Trainer + Tinush + Syap + Folamour (tech house) Ninkasi Kao / 15€ / 23h30

Arabstazy : Shinigami San + Mettani (Electro) Kraspek Myzik / nc / nc Le Grand Wahzou + L’Affameuse (afrobeat funk) Toï Toï / 6€ / 20h30 Festival Ititnérance Tsigane- Mjc Ô Totem /nc / nc


Merchandise – Le Sonic / nc / nc 16/11 Dixon + Äme + Recondite (house) Le Sucre / 24€ / 15h Fish (Metal) Ninkasi Kao / 26€ / 19h Brian Smith + Melnelson (Folk) Kraspek Myzik / nc / nc 17/11 Selah Sue + Son Little (Soul Pop) Le Transbordeur / 29€ / 20h DJ Carlos (salsa) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30

18/11 The Orwells (Punk indie Pop) Marché Gare / 14€ / 20h30 19/11 Miossec (Chanson Rock) Le Transbordeur / 28€ / 20h30 Nikki Hill + I Am a Band (Rock’n’roll) Ninkasi Kafé / gratuit / 21h Talawine (musique orientale) Mjc Ô Totem / nc / nc Steve Gunn trio – Le Sonic / nc / nc Jumpin’Jive Band (swing) La Marquise / nc / 19h30 20/11 Slow Joe & The Ginger Accident (Blues Rock) Epicerie Moderne / 12€ / 20h30

Natas loves you + H-Burns (Pop synthétique indie Folk) Marché Gare / 14€ / 20h30

The Urban Voodoo Machine + Mac Abbé & le Zombi Orchestra (Rock) Ninkasi Kao / 12€ / 19h30 Casse gueule (Punk) Kraspek Myzik

23/11 Bernhoft (Jazz Pop Soul) Le Transbordeur / 21€ / 20h Napoleon Solo + The Last Brigade + Billy the Kill (Punk Rock) Ninkasi Kafé

20h30

25/11 Saxon + Skid Row (heavy Metal) Le Transbordeur / 35€ / 20h Rencontre Arfi + Gaffer Records (Jazz Electro) Le Périscope / 10€ / 20h30 The Wands – Le Sonic / nc / nc 26/11 Kreator + Arch Enemy + Special guests (trash Metal) Le Transbordeur / 32€ / 20h KCIDY + Vince Dolphin (Electro Pop) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30 Niro + MZ (rap français) Ninkasi Kao /

Cowbones (Punk) Kraspek Myzik /

/ gratuit / 20h

25€ / 19h30

Control Voltage – Kraspek Myzik / nc / nc

27/11 Massilia Sound System + La Mine de rien (Chanson) Le Transbordeur / 22€ / 20h30 Kyo (Pop) Radiant Bellevue / 38€ /

Marc Demarco (Pop Folk) / Epicerie Moderne / 16€ / 20h30 Breton (Electro Pop) Marché Gare / 19€ / 20h30

nc / nc

Kickcrash (deep house Electronic) Toï Toï / prix libre / 20h30 The Doppelgangaz (Hiphop) La Marquise / nc / 19h30 28/11 Amir Alexander + S3A + Siler & Dima (Techno house) Le Sucre / 14€

/ 23h

Chill Bump + Raistlin’s (Hiphop) Marché Gare / 17€ / 20h Abigoba (Jazz fusion) Jack Jack / 12€

/ 20h30

Philibert (Chanson) A thou bout d’chant / nc / nc Unicum Orchestra + Le Bonk (World) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30 Kon + Folamour (nu disco) Ninkasi

THE DO

03/12 Transbordeur - Lyon Par Kymmo

/ nc / nc

21/11 Fred P aka Black Jazz Consortium + Gifted & Blessed + Kosme (Electro) Le Sucre / 16€ /23h Animali + Sly Apollinaire (Pop psychédélique) Jack Jack / 8€ / 20h30 Time Fi Bounce : Reggae Circus + Selecta Diname (Tek Ova Sound) + Five Points + Manu Digital feat Don Camillo + Selector Abal & Selecta Rhome (Reggae) Ninkasi Kafé / gratuit

/ 22h

Les voyages de Noz.2 + Les Becs Bien Zen (Rock) Ninkasi Kao / 27€ / 19h Maria Magdalena + Sulphat’ketamine (noise tribal) Kraspek Myzik / nc / nc The Fat Badgers + [OldFox] (Electro funk) Toï Toï / 6€ / 20h30 Chebeck + Rosa (Rock) La Marquise /

gratuit / 19h45

22/11 Juliano + Visitor for Reworks + Judaah (Dub Electro) Le Sucre / 11€ / 23h

Dominik Eulberg (Techno) Ninkasi Kao / 15€ / 23h30

Paulo Transpire (Rock) Kraspek Myzik / nc / nc

Pacush Dub + !LLBOY + Caillas + Noisy Be + Misterize (Dub hip-hop) Toï Toï / 4€ / 20h30 Zozophonic Orchestra (groove Jazz) Le Périscope / 8€ / 21h Pitt Jam & The Whonnettes (Rock) La Marquise / nc / 20h30 www.zyvamusic.com \ 31


Kafé / gratuit / 22h Scène ouverte – Kraspek Myzik / nc / nc

Shield Your Eye + Polar Polar Polar (Rock) Le Périscope / 10€ / 21h Radian (Thrill Jockey) + Kaumwald – Le Sonic / nc / nc Blue Steppers (Rock) La Marquise /

gratuit / 19h45

29/11 Milow (Pop Folk) Le Transbordeur / 30€ / 20h Rien + Ni (post-Rock) Marché Gare / 12€ / 20h30

Un costard pour deux (Folk) A thou bout d’chant / nc / nc La Bande à Balk + Priyateli (musique Populaire) Toï Toï / 6€ / 20h30 Fly (Jazz Electro) Le Périscope / 12€

/ 21h

Ulysses + Why Jack ? + L’Ombre du Huit (Rock) La Marquise / nc / 20h 30/11 Molly Johnson (Jazz Pop) Le Transbordeur / 30€ / 20h Soundstream + Don Williams + Konstantin Sibold (Electro) Le Sucre / 17€ / 15h

Sastuki (Rock) La Marquise / nc / 19h 02/12 Tinariwen (Rock touareg) Le Transbordeur / 29€ / 20h Jungle (Soul funk Electro) Le Sucre / 16€ / 21h

Courtney Barnett + Money for Rope (indie Pop Folk) Marché Gare / 14€

/ 20h30

Combichrist (Metal) Ninkasi Kao /

26€ / 19h30

03/12 The Do (Electro Pop) Le Transbordeur / 25€ / 20h Laslo + Phylemon + Julia Kat (Rock) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30 04/12 Le Peuple de l’Herbe + La Canaille (local heroes) Le Transbordeur / 24€ / 20h Kent (Rock) A thou bout d’chant / 15€ / nc

Lofofora + Flayed + Bottle Next (Metal) Ninkasi Kao / 18€ / 19h30 05/12 Etienne Daho + Apollinaire (dandy Pop) Le Transbordeur / 45€ / 20h30

Ledeunff + Hugo Machine (Rock Hiphop / Soul Hiphop) Jack Jack / 12€ / 20h30

Night Groove (Soul) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30

Naxxos (tech house) Ninkasi Kao / 15€ / 23h30

06/12 Dub echo #02 (Dub sound system) Le Transbordeur / 23h30 Angus & Julia Stone (Folk) Radiant Bellevue / 30€ / 20h30 Owen Pallett (Pop) Epicerie Moderne / 15€ / 20h30

Rival Sons (Rock) Ninkasi Kao / 23€

/ 19h30

Stephan Bodzin (Techno) Ninkasi Kao / 15€ / 23h30 07/12 Urban Steady Groove

(Hiphop) Ninkasi Kafé / gratuit / 16h 11/12 Ez3kiel (Electro) Le Transbordeur / 22€ / 20h Staff Benda Bilili (rumba congolaise) Marché Gare / 18€ / 20h30 12/12 Elekt’Rhône Festival (musiques électroniques) Le Transbordeur / 29€ / 22h The Amazing Snakeheads + PS I Love You (swamp Rock’n’roll Pop) Marché Gare / 14€ / 20h30 The Posterz + Nestor Kéa (Hiphop) Ninkasi Kafé / gratuit / 21h Bass Reflex #21 (Bass music) Ninkasi Kafé / gratuit / 22h Raw #2 : DJ W!LD + Sidney Charles (Techno) Ninkasi Kao / 18€ / 23h30 Soirée ZYVA : Hummingbird + Léon + Smol + Christophe Rigaud + Mû Toï Toï / prix libre / 20h30 13/12 Elekt’Rhône Festival (musiques électroniques) Le Transbordeur / 29€ / 22h Mars Red Sky + Year of No Light (post-Rock) Marché Gare / 17€ / 20h Bal du Grolektif (Jazz Rock) Jack Jack / 12€ / 20h30 Lili Cros & Thierry Chazelle (Chanson) A thou bout d’chant / nc / nc Taïro & The Family Band + Kenyon (Reggae) Ninkasi Kao / 22€ / 19h La Garçonnière (disco) Ninkasi Kao / 15€ / 23h30

DETROIT

19/11 Le Summum - Grenoble Par Kymmo

32 / www.zyvamusic.com


Synarthrose + Manu le Manant + Mad Mat + Snake Zoulou + Moonshaker (Electro) Toï Toï / 4€ / 20h30 14/12 Amélie les Crayons (Chanson) Le Transbordeur / 28€ / 16h Vieux Farka Touré (musique du monde) Radiant Bellevue / 32€ / 16h 17/12 Holy Two + Last Train (Rock) Ninkasi Kafé / gratuit / 20h30 18/12 Sabaton + Korpiklaani + Tyr (power Metal) Le Transbordeur / 27€

/ 20h

Claudine Lebègue (Chanson) A thou bout d’chant / nc / nc 19/12 Embrace : Fakear + Stwo + Crayon (Electro) Le Transbordeur /

22€ / 22h

Vibes, Dub to Trance : Woody Vibes + Shotu + Athuraya (Dub) Ninkasi Kao / 20€ / 23h30

Toto Posto + Barilla Sisters + Art Deko (Electro) Toï Toï / 6€ / 20h30 20/12 Black Lilys + Mummy’s Gone (Folk Soul) Toï Toï / 6€ / 20h30 Pleïad + Conscience + Cadmium + Chocolate Pain + Cerca (Rock) Mjc Ô Totem / nc / nc 31/12 Erie Mie (Chanson) A thou bout d’chant / nc / 21h30

SaintEtienne 01/11 Astonvilla + Mirabo (Pop Rock) Le Fil / 20€ / 20h30 05/11 Mambo chick + Dj Benislap (Electro) Le Fil / gratuit / 18h 07/11 Back to the Seventies + Dizzy Sticks (Rock) Le Fil / 16€ / 20h30 08/11 Mohamed Allaoua Le Fil / 22€

/ 20h30

DJ X-Torsion & DJ Al One (Electro) Thunderbird / 3€ / 21h 09/11 Stéphane Guillaume quartet (Jazz) Le Fil / 12€ / 18h 13/11 Catherine Ringer chante Müller & Makaroff + Pohu/Cobo (tango Chanson) Le Fil / 28€ / 20h30 14/11 Celkilt + Wazoo (musique celtique) Le Fil / 20€ / 20h30 15/11 Tempo Forte + Forró de rebeca (musique du monde) Le Fil / 18€ / 20h30 22/11 Mac Abbé et le Zombi Orchestra + Urban Voodoo Machine + Holy Bones (Rock) Le Fil / 18€ / 20h30 27/11 Tiken Jah Fakoly + Real Acoustic Sound par Sir Jean & Jo Cocco (Reggae) Le Fil / 28€ / 20h30 28/11 Les Ogres de Barback + Eyo’nlé (Chanson / musique du monde) Le Fil / 27€ / 20h30 Devasted (Punk / Rock) Thunderbird / nc / 21h30

29/11 Télérama Dub Festival #12 : High Tone + Dubmatix + Le Son étrange + Tetra Hydro K + Normat.X + Travis Bickle Dub (Dub Electro) Le Fil / 23€ / 21h 03/12 Deej’O + Tomy Shines (Electro) Le Fil / 5€ / 16h 05/12 Chill Bump + Dj Vadim feat Sena + Elisa Do Brasil + Bloc (Electro Hiphop) Le Fil / 18€ / 21h 06/12 The Dø (Pop) Le Fil / 25€ / 20h30 11/12 Zebda + Karimouche (Chanson festive) Le Fil / 24€ / 20h30 12/12 Asocial Club (CASEY / AL / VÎRUS / PRODIGE / DJ KOZI) + Scred Connexion + Tupan (rap) Le Fil / 18€ / 20h30

14/12 Journal Intime avec Marc Ducret “Extension Des Feux” + Mowgli (Jazz Rock) Le Fil / 12€ / 18h 20/12 Bold Sessions #24 : ARTFKT + Lady H (Electro) Le Fil / gratuit / 21h

Grenoble 01/11 Halloween Metal Fest (Metal) L’Ampérage / 15€ / 19h30 02/11 Lee Ranaldo (Rock US) Le Ciel / 12€ / 17h30

06/11 Toca Flamenco + Moulin à paroles + Kiwis Flambeurs + Funky Mondays + Kazoars + Pink it black (Chanson Rock funk) L’Ampérage /

5€ / 19h30

Melingo + Imaz’Elia (tango) La Source / 16€ / 20h30

07/11 No Mad Massive : Demi Portion + Tiers Monde + Saké + Mino + Omerta Muzik + Spoka + Anonyvox + DJ Looping (Hiphop) L’Ampérage /

15€ / 20h

Guillaume Perret & The Electric Epic (Jazz électrique) La Bobine / 12€ /

20h30

08/11 Metatek #7 (Techno) L’Ampérage / 10€ / 23h Méli Mômes (Rock funk) La Source / 11€ / 17h

09/11 Frédéric François (Chanson) Le Summum / nc / 16h 13/11 Professor Liv’Hight + Junior Jim + Sista Fleur + Iternal Sound System + 999 + DJ Killahone VS Gran Manitou (ragga Hiphop) L’Ampérage /

10€ / 20h30

Girls in Hawaii + Azerty (Pop Folk) La Source / 22€ / 20h30 14/11 Forgotten Tomb + Nocturnal Depression + Livets Angest (Metal) L’Ampérage / 13€ / 20h Le Son étrange (Electro) La Bobine / 8€ / 20h30

15/11 Dynamita’s Night #14 : Juan Rozoff + soirée funk (funk)

L’Ampérage / 20€ / 20h30 Joy + Hell’s Kitchen (Rock) La Source / 13€ / 20h30 16/11 Dance Laury Dance + Flayed + Charlie’s frontier fun town (Metalà L’Ampérage / 10€ / 18h 18/11 Wildbirds & Peacedrums + Rykka & Timothy Jaromir (Pop) Le Ciel / 12€ / 20h30 19/11 MÛ + Sarah Mikovski (Rock trip hop) L’Ampérage / 5€ / 20h30 Detroit (Rock) Le Summum / 34€ / 20h 20/11 Mara Zoo (Hiphop) L’Ampérage / 8€ / 20h

We Insist ! + Crossed Meeting (post Rock) La Source / 13€ / 20h30 21/11 Dirty Shirt + Backdawn + Uncolors Wishes + Belly Button Window (Rock) L’Ampérage / 10€ / 20h 22/11 Feel The Crew #14 (disco house) L’Ampérage / 5€ / 23h 28/11 Une Nuit trop chaude (Electro) L’Ampérage / 8€ / 23h Zone libre revisite 2001 – La Bobine / 10€ / 20h30

29/11 Est-ce que tu Bass ? #7 : RITUAL + Trimaps + Juskbowl + Général Haze (bass music) L’Ampérage / 10€ / 23h

Skip the Use (Rock) Le Summum / 30€ / 20h

01/12 Rien (Rock) La Bobine / 8€ /

20h30

05/12 La Secte du Futur (laser Pop) La Bobine / 8€ / 20h30 06/12 Hollie Cook + Dub K2 (Electro) La Bifurk / 16€ / 20h30 12/12 Dirtmusic (indie Rock malien) La Bobine / 6€ / 20h30 Dub Inc (Reggae) Le Summum / 28€ / 20h

Annecy 06/11 Elephant + Pethrol (Electro Pop) Le Brise Glace / 18€ / 21h 12/11 The White Rattlesnake + Peter Parker Bones (Blues Rock) Le Brise Glace / gratuit / 21h 14/11 The Legendary Tigerman + Hell’s Kitchen + La Danse du Chien (Blues garage) Le Brise Glace / 16€ / 21h

15/11 L’Orchidée d’Hawai + Asunto Mio (surf Rock) Le Brise Glace / 10€ / 21h

20/11 Deltron 3030 + Kid Koala (rap) Le Brise Glace / 18€ / 20h30 21/11 We Insist + Crossed Meeting (post Rock) Le Brise Glace / 10€ / 21h 26/11 Le Réparateur + Smutt (Punk Rock) Le Brise Glace / gratuit / 21h 28/11 Michael Schenker’s Temple of Rock (Metal) Le Brise Glace / 20€ / 21h www.zyvamusic.com \ 33


29/11 KYO (Pop Rock Folk) Arcadium / nc / 20h 02/12 Jean-Louis Aubert (Chanson) Arcadium / nc / 20h 10/12 Space Fisters + Electric Octopus Orchestra (Rock) Le Brise Glace / gratuit / 21h 16/12 Talisco + Sound Sweet Sound (Pop Folk) Le Brise Glace / 16€ / 21h 19/12 Des Pixels et des Beats (Electro) Le Brise Glace / gratuit / 21h

Annemasse 06/11 Protoje & The Indiggnation + Green System (Reggae) Château Rouge / 15€ / 20h30 15/11 DJ WU3 + LLamatron (groove Techno) Château Rouge / gratuit / 20h30

19/11 Etienne Daho + Pan (Chanson française) Château Rouge / 45€ / 20h30

21/11 Ez3kiel (Dub ElectroRock) Château Rouge / 18€ / 20h30 27/11 Irma + Oops ! Darling (Soul Folk Hiphop) Château Rouge / 20€

/ 20h30

06/12 Tinariwen + Doc Mad (Blues touareg) Château Rouge / 20€ / 20h30 12/12 Lou Marco + François & The Atlas Mountains (indie Pop) Château Rouge / 15€ / 20h30 17/12 Thierry Romanens (Chanson Jazz) Château Rouge / 20€ / 20h30

Bourg-EnBresse 06/11 Bred (Chanson Rock) La Tannerie / gratuit / 19h 08/11 DJ Akademy + U-Brown + El Fata (soundsystem Reggae Dub) La Tannerie / 15€ / 21h 13/11 Delayed (Rock) La Tannerie /

gratuit / 19h

15/11 Oldelaf + Les Crieurs de Lune (Chanson) La Tannerie / 25€ / 20h 21/11 Ethane (Metal alternatif) La Tannerie / gratuit / 20h30 23/11 New Blues Generation + Thomas Schoeffler Jr (Blues) La Tannerie / 22€ / 18h 27/11 Mû (trip hop) La Tannerie /

gratuit / 19h

29/11 Hilight Tribes + Scienty Freaks (transe) La Tannerie / 22€ /

20h30

30/11 The Coathangers (Punk garage) La Tannerie / 5€ / 19h 05/12 One Burning Match + Tobaïas (hardcore Punk) La Tannerie / 3€ / 20h 13/12 Black Bomb A + Drift HxC

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(Metal) La Tannerie / 15€ / 20h30

BourgoinJallieu 08/11 Blitz the Ambassador + Tchopdye (Hiphop) Les Abattoirs / 14€ / nc

15/11 Le Peuple de l’Herbe + Schlaasss (Electro) Les Abattoirs / 18€ / nc

21/11 Eric Bibb + Ruthie Foster + Harrison Kennedy + Olivier Gotti (Blues) Les Abattoirs / 18€ / 20h30 28/11 Banned from Utopia : les Musiciens de Franz Zappa (inclassable) Les Abattoirs / 20€ / 20h30 05/12 Les Doigts de l’Homme + Marian Bandoï Trio (Swing manouche) Les Abattoirs / 14€ / 20h30 19/12 Ubikar + Charlie Tango (post Rock) Les Abattoirs / gratuit / nc

Chambéry 01/11 Psynap’s (Electro) Le Brin de Zinc / 5€ / 21h 06/11 Tobacco Road + Soho (Rock) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h 07/11 Nocaine + Lessen + Diskate (Metal) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h 08/11 Spermicide (Punk Rock) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h 10/11 Qasar (Power Pop) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h 14/11 High Voltage AC/DC (tribute) Le Brin de Zinc / 9€ / 21h 15/11 Banane Metalik + Burning Lady (gore n’roll) Le Brin de Zinc / 14€ / 21h

Lacrimas Profundere + Nightmare + Jaded Heart + Grailknights (Rock Metal) Le Scarabée / 18€ / 20h 20/11 Dirty Shirt + Uncolored Wishes (Metal) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h

21/11 Dobermann (Metal) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h 23/11 B3 Party (Electro) Le Brin de Zinc / 5€ / 21h 27/11 Mac Abbé et le Zombi Orchestra (Chanson Rock’n swing) Le Brin de Zinc / 8€ / 21h 28/11 Tana & The Pocket Philarmonic (swing post romantique) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h 29/11 Doorsfall (Electro Rock) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h 12/12 Black Bomb A + L’Epouvantail (Metal) Le Brin de Zinc / 6€ / 21h

annonay

07/11 Concert de soutien : L’Homme parle + Loud Feather + Max & The Sadies (Chanson Pop Rock Blues) La Presqu’Ile / 12€ / 20h30

Romans 06/11 Guillaume Perret & The Electric Epic (Jazz Rock) La Cordonnerie / 15€ / 20h30

19/11 Popa Chubby (Blues) La Cordonnerie / 19€ / 20h30 27/11 Nina Attal + Charles Pasi (Blues Folk) La Cordonnerie / 15€ /

20h30

12/12 69DB + Miso Soup (Electro) La Cordonnerie / 12€ / 20h30

Valence 04/11 Valerian Renault et Constance Amiot (Chanson) Train Théâtre / 16€ / 20h30 07/11 Jean Guidoni (Chanson) Train Théâtre / 20€ / 20h30 11/11 Daphné et Franck Monnet (Chanson) Train Théâtre / 18€ / 20h30 14/11 Over the Hills (inclassable) Train Théâtre / 16€ / 20h30 20/11 Nevche + Charlie Tango + Horla (Chanson) Train Théâtre / 16€ / 20h30

25/11 Feloche et Jur (Chanson) Train Théâtre / 16€ / 20h30 04/12 Vincent Delerm (Chanson) Train Théâtre / 20€ / 20h30 12/12 Florent Marchet (Chanson) Train Théâtre / 20€ / 20h30 19/12 François & The Atlas Mountains (Pop Rock) Train Théâtre / 18€ / 20h30

Vienne 08/11 Norma Jean Baker’s Underwears + X-ray Vision (Rock / Surf) Locomysic / 3€ / 20h30 22/11 Authentik Hors Les Murs : Future of the left + Cobra + Olivensteins + Les Lopettes (Rock) La Manège / 13€ / 19h 29/11 Denis Rivet + Elena Melody + Leila + Zim (Chanson) Théâtre de Vienne / 10€ / 19h 19/12 Henry Padovani (concert, rencontre, film) Théâtre de Vienne / 10€ / 20h


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