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Retrace-nous ton parcours et tes débuts ? Tu es passé par le graffiti ? J’ai en réalité commencé à dessiner et peindre très tôt, avant même de me mettre au graffiti. Je viens d’une famille d’artistes, mes parents peignaient par passion. Mais il est vrai que le graffiti, que j’ai pratiqué dès l’âge de 15 ans avec les TDM notamment, m’a amené vers ce que je fais aujourd’hui. A l’époque, on aimait dessiner dans la rue, poser notre nom sans que l’on connaisse nos têtes. Maintenant, c’est différent, je me suis éloigné de la pratique graffiti et je prends plus de plaisir en atelier. Et on connaît mon visage. Je continue à réaliser des fresques évidemment mais ça se rapproche plus du muralisme. Tu disais que tu avais été influencé par plusieurs artistes… C’est vrai que j’aime beaucoup le travail de Smash, Tanc, Horphé, ou Futura 2000 qui sont tous issus du mouvement graffiti mais qui ont réussi à faire évoluer leur pratique vers quelque chose de plus contemporain. Ils ont su en garder les codes tout en apportant des propositions artistiques novatrices, des prises de position intéressantes. On remarque une évolution dans ta peinture depuis plusieurs mois déjà… Oui c’est vrai, mais c’est tout à fait normal. J’ai grandi, évolué et ma peinture avec, naturellement. J’ai connu des changements dans ma vie comme tout le monde d’ailleurs qui m’ont fait aller dans d’autres directions artistiques. Je représentais beaucoup les femmes au début, ma peinture était très figurative mais je m’en suis éloigné ces dernières années pour me tourner vers des œuvres plus abstraites. La femme qui était un point de départ s’est effacée petit à petit pour laisser place à un mélange différent de couleurs, de gestes et d’énergies. L’abstraction est venue très naturellement, de cette envie de créer, de tester d’autres techniques, de s’évader.

FAULT 2017 © MONTANA CANS

Tu réalises aussi de plus en plus de gros projets dans l’espace urbain dont celui du Metropolink Festival… C’est un peu ce que je faisais avec le graffiti mais c’est à une autre échelle aujourd’hui. Ce sont souvent des commandes et je peux retranscrire sur les murs ce que je peins sur toile. Ça me permet aussi de sortir de mon atelier pour faire autre chose et participer à des projets dans lesquels j’aime m’investir dont celui de Rondelet par exemple initié par la galerie At Down. C’est à chaque fois un nouveau challenge, j’en ai besoin pour avancer. J’ai pas mal voyagé cette année pour peindre, notamment en Argentine, en Espagne et en Allemagne. C’est d’ailleurs là-bas que j’ai réalisé le projet de mur le plus récent pour le Metropolink Festival à Heidelberg, ville jumelée avec Montpellier d’ailleurs. Ils m’ont invité à venir créer cette grosse « déchirure » sur le mur qui fait environ 20 m sur 20. J’avais fait des tests sur toile avant de me lancer sur cette peinture qui était très « graphique » au début puis de jour en jour elle a évolué avec pas mal d’improvisation. Je ne sais pas toujours où je vais quand je démarre, ça se construit au fur et à mesure. 80

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FOCUS MAGAZINE 86  

SOMMAIRE Couverture : Clément Dezelus Archi & Design : Carlo de Carli / Tristan Auer / NK Design Studio Evasion : Biarritz + guide urbain /...

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