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SAINTE—LUCIE

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vivre et se propager, avec la pensée, sous la menace constante de la mort inévitable ! » Trêve de réflexions. Depuis longtemps j'ai quitté les faubourgs extérieurs dépassant les dernières maisons indigènes dont les lucarnes de bois ouvrent leurs persiennes légères sous les palmes retombantes des cocotiers. Me voici en pleine campagne. — Par une route de terre rouge et molle je monte vers cette colline dont je vous ai parlé tout à l'heure. Hier ou cette nuit, il dut pleuvoir ici. Une certaine fraîcheur subsiste dans l'air. A cette heure matinale la température est délicieuse. — Incessamment des groupes de négresses, paysannes vêtues de toile blanche, vous croisent, portant sur leurs têtes des paniers de fruits ou de légumes. Elles se rendent au marché de la ville pour y vendre ces denrées. Puis le chemin se resserre, devient un simple sentier perdu maintenant dans les herbes. Abrité par des arbres étranges, noueux, puissants, aux feuilles d'un vert métallique et luisant j'avance avec peine, avec lenteur. Et tout à coup, comme je me range pour laisser passer un groupe d'indigènes, sautant rapidement dans les hautes herbes, je ne sais pourquoi, voici que l'image du serpent

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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