Page 226

214

AUX

ANTILLES

Dans cette excursion des Trois-Rivières, ce qui me frappe aussi c'est l'excellence de la route. Rien de comparable aux sentiers de la Dominique, aux chemins de Trinidad. Ici, comme en France, notre voirie, tout imparfaite qu'elle soit encore, reste supérieure, et de beaucoup, à celle des pays voisins. Les races germaniques, anglo-saxonnes, n'ont pas ce souci de perfection que nous apportons à la confection de nos chemins. Curieux effet d'atavisme sans doute ; lointain héritage des vieux Romains. La route monte, descend, tourne, se heurte aux contreforts boisés des montagnes qui semblent tout à coup la barrer comme d'immenses avalanches de feuilles. On oblique à gauche, on retourne à droite, on passe un gué, on double un promontoire de verdure, puis, pendant deux ou trois cents mètres on suit la route en ligne droite pour la retrouver festonnante quelques instants plus tard. Des indigènes s'avancent, tout à fait dans la note du paysage exotique : les hommes en culotte blanche, relevée aux genoux, découvrant leurs jambes de bronze, les femmes en robe flottante moulant, sous un souffle de brise, les lignes fermes de leurs torses superbes. La plupart portent sur leurs têtes des calebasses, des paniers,

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Advertisement