Page 211

LA GUADELOUPE

199

bouche élargie, découvrant leurs dents fortes et blanches. Parfois, à quelque détour de la route, le groupe compact se disloquait un instant. L'homme-idole 1 apparaissait, lourd sur ses jambes trapues, se dandinant d'un air calme et bonhomme. Une de ses suivantes lui frôlait le nez d'un éventail rapidement agité, une autre, s'emparant de son parapluie l'avait ouvert, et s'efforçait d'abriter son casque des rayons d'un soleil qui s'obstinait, lui, à ne point paraître. Et, sous le dais noir de la frêle étoffe, se dandinant toujours, l'heureux candidat, face vermeille, barbe épanouie s'avançait avec un bon sourire satisfait, semblable à quelque roitelet africain, à quelque étrange prince asiatique, à un rajah bon enfant, à un bienveillant nabab. Mais de tout ce cortège le plus curieux assurément était les oriflammes. Il y en avait de toute espèce, de toutes couleurs, de toute taille. Des inscriptions superbes inscrites en lettres d'or rutilaient sur les étoffes. De petites pancartes épinglées çà et là portaient des mentions complé1. L'expression pourrait être prise dans un sens hyperbolique ou ironique, il n'en est rien. Elle est simplement exacteLes électeurs, là-bas, ayant, pour le candidat qu'ils affectionnent, une admiration et un enthousiasme inconnus chez nous

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Advertisement