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AUX ANTILLES

bres si hauts que je ne vois rien si ce n'est le ruban de route qui s'allonge devant moi. Et cela m'agace à la fin. Voyagerai-je éternellement au fond de ce caveau de verdure ? Mon boy me fait signe de patienter. Volontiers ; mon cheval d'ailleurs semble •lui-même sensible à ces conseils. Jamais Don Quichotte, je crois, ne monta rosse plus accomplie,.;Au départ, avec force gestes, j'avais pris soin de spécifier le très mauvais cavalier que j'étais : « All right, all right! Très bien très bien, m'avait-on répondu. There is no danger whatever. Il n'y a aucun danger. » Mais j'ai trop insisté, je le vois maintenant. L'on me jugeait par trop au-dessous de ma valeur, certes. — Et toujours ces hautes murailles vertes insupportables. J'en arrive à regretter la vision charmante de tout à l'heure. Et l'impression changeant je m'écrie : « Où sont ces délicieux godets de porcelaine qui se profilaient si joliment sur le ciel bleu? » Enfin,brusquement, ce double écran se dérobe. Dans un superbe décor la vallée s'élargit. La route cesse ; perdu dans les herbes un sentier sin ueux la prolonge. Suivons-le ; arrêtons-nous un instant sur cette passerelle qui surplombe le torrent. Contemplons le paysage admirable.

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

Aux Antilles : hommes et choses  

Auteur : Robert Huchard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antille...

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