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LES CARAÏBES

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là sur des nattes et couchent dans des hamacs confectionnés par les femmes avec des fibres de coton et colorés avec du roucou. Les femmes Galibis, comme les femmes Caraïbes, remplissent toujours le rôle d'esclaves dévouées et sont chargées des besognes serviles. Cependant, il y a une différence essentielle dans leur situation sociale; les Galibis sont monogames et le sentiment de la famille est chez eux très développé; lorsqu'ils se déplacent, ils emmènent avec eux, dans leur pirogue, leur femme et leurs enfants. Une grande affection semble unir tous les éléments d'une même famille, et les enfants n'abandonnent jamais leurs parents. Les Caraïbes — ceux de la Martinique, tout au moins, — étaient polygames et cela s'explique puisque la plupart avaient pour épouses des femmes arawaks qui n'étaient après tout que des esclaves conquises. Celles-ci étaient d'une soumission absolue et ne prenaient pas leur repas avec le chef de famille. Sauf la chasse et la pêche, elles accomplissaient tous les travaux du ménage. Pendant ce temps-là, les maris, couchés dans leur hamac, fumaient ou dormaient; leur sommeil était d'autant plus prolongé qu'ils avaient absorbé plus de ouycou, boisson alcoolique résultant de la fermentation d'un mélange de patates et de farine de manioc, dite cassave. A ce point de vue les Galibis modernes n'ont rien à envier à leurs ancêtres émigrés, ils consomment encore actuellement, et en grande quantité, du cachiri, boisson alcoolique fabriquée également avec de la cassave macérée dans de la salive. Mais ils ont communiqué leur vice à leurs épouses et à leurs enfants; ils s'alcoolisent ensemble et quand, par hasard, ils peuvent se procurer une bouteille de tafia, ils la vident en famille dans un délai aussi court que possible. On a retrouvé à la Dominique et à la Martinique certains vases en terre cuite, d'une forme quelque peu artistique et ayant appartenu, dit-on, aux Caraïbes. Ces ustensiles se rapprochent sensiblement des poteries bariolées fabriquées actuellement par les Galibis. On ne peut réellement pas les considérer comme des objets d'art. Il

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

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