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LES CARAÏBES

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Les Arawaks ou « mangeurs de farine » ont été, par tous les auteurs, considérés comme des gens extrêmement pacifiques, s'occupant d'agriculture et de pêche et nullement versés dans l'art de la guerre. Aussi, lorsque les Caraïbes envahirent à leur tour les Antilles, les Arawaks ne leur opposèrent aucune résistance. Ils furent tous massacrés, mais leurs femmes eurent la vie sauve et devinrent les épouses et surtout les esclaves des envahisseurs. Ainsi s'explique ce fait curieux observé par Colomb et par tous les navigateurs qui, après lui, abordèrent à la Martinique : les hommes et les femmes, quoique semblant appartenir à la même race, ne parlaient pas la même langue; tandis que les hommes parlaient le caraïbe, les femmes avaient conservé le langage des Arawaks. Cette distinction s'est perpétuée pendant des siècles; de mère en fille, les femmes parlaient arawak, tandis que de père en fils, les hommes parlaient caraïbe. Hommes et femmes comprenaient les deux idiomes, mais ne parlaient que celui qui était propre à leur sexe et à leur race. D'après le Père Dutertre (Histoire générale des Antilles habitées par des Français) les Caraïbes sont originaires de l'Amérique du Sud et principalement des Guyanes; ils seraient les descendants des Indiens Galibis qui, aujourd'hui encore, occupent les rives de l'Oyapock et du Maroni. Mais les linguistes sont unanimes pour constater que le berceau de la race caraïbe se trouve au Brésil, soit au nord, soit au sud de l'Amazone. D'ailleurs, il y a entre le Caraïbe de 1635 et le Galibi de 1928 une telle ressemblance physique et morale qu'en décrivant les mœurs du « Peau-Rouge » de nos jours, on est tenté de croire qu'il s'agit du Caraïbe qui, il y a quatre siècles, occupait l'île de Madinina. L'un et l'autre ont la taille moyenne; leurs yeux sont noirs et légèrement bridés, leurs pommettes sont saillantes; leur chevelure est d'un noir de jais; les cheveux sont plats et collés sur la tête. Ils ont le teint rouge des Indiens Peaux-Rouges, mais leur peau naturelle est plutôt blanche, ils doivent cette coloration rouge au roucou,

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

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