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LA MONTAGNE PELEE ET LA CATASTROPHE DU

8

MAI 1902

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même de sa température et de sa puissance mécanique, détruit immédiatement tous les êtres vivants. « Cette nuée ardente, dit M. le Professeur A. Lacroix qui, après la catastrophe de la Montagne Pelée, fut envoyé en mission à la Martinique, est le résultat d'une explosion. C'est une masse énorme de vapeur d'eau et de gaz se détendant rapidement à son arrivée dans l'atmosphère, entraînant une quantité considérable de matériaux solides de toutes tailles. Au lieu d'être toujours lancées verticalement comme les projections habituelles, les nuées roulent avec une grande vitesse sur les pentes des montagnes. Dans le cas de faibles éruptions, la gravité a une influence prédominante sur leur marche; lors des grands paroxysmes, elles sont animées d'un mouvement plus rapide dû à l'action cumulée de la projection verticale et de la gravité agissant dans le même sens. A la Montagne Pelée, la position de l'orifice de sortie a eu une influence prépondérante sur leur direction. « Ces nuées, douées au moment de leur départ, d'une haute température qui s'atténue peu à peu, ont une puissance mécanique et calorique considérable, permettent d'expliquer l'anéantissement complet d'une grande ville et de ses habitants, ainsi que la persistance des effets destructeurs à 10 kilomètres de leur point d'origine. » A cette savante description, je ne puis ajouter qu'une chose. Admis à l'honneur d'accompagner M. le Professeur A. Lacroix au cours de sa mission, j'ai assisté à la « prise de température «des cendres accumulées par certaines des nuées ardentes qui, après l'éruption du 8 mai 1902, ont été émises par le volcan. A l'aide de fils métalliques, dont le point de fusion était assez élevé et qu'il plaçait sur le passage de ces nuées ardentes, le savant géologue a pu constater qu'au départ du dôme ces matériaux étaient à la température du rouge sombre, et qu'à une certaine distance, ils possédaient encore plusieurs centaines de degrés. On conçoit facilement qu'aucun être vivant n'ait pu résister à de semblables conditions physiques.

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

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