Page 103

DEUX SOUVERAINES CREOLES

67

cèrent en 1809 que «la Sultane Validé», mère du jeune sultan régnant Mahmoud II, était une Française, créole de la Martinique, née Mlle Aimée du Buc de Rivery et jouissant auprès de son fils de la plus grande influence; ces mêmes papiers publics continuèrent à en parler jusqu'en 1817, où ils firent part de sa mort, vraie ou fausse. D'après le document qui précède, celle qui est connue dans l'histoire sous le nom de Sultane Validé, mère de Mahmoud II, serait Mlle du Buc de Rivery, jeune fille d'origine martiniquaise. Sur ce point les Anglais et M. Benjamin Morton en particulier sont affirmatifs. Mais les documents officiels mentionnés par M. l'abbé Rennard semblent contredire cette affirmation. D'après ces documents, Mlle de Rivery serait née au Robert (Martinique) le 4 décembre 1776. Elle ne pourrait donc pas avoir été la mère du Sultan Mahmoud né en 1785. Comment donc concilier cette impossibilité matérielle avec

la

thèse anglaise? Je ne vois qu'une solution possible : celle envisagée par Mme du Theil : Mlle de Rivery, dont l'éducation devait être bien supérieure à celle des autres femmes du harem, a été la mère adoptive du jeune Mahmoud qui était orphelin. C'est elle qui s'est chargée de son éducation, et le jeune homme, devenu Sultan de Turquie, lui a témoigné sa reconnaissance en lui conférant le titre de Sultane Validé. Aimée du Buc de Rivery, Sultane Validé, c'est-à-dire sultane douairière, « la première du Palais, celle devant qui devaient s'incliner les autres cadines », mourut à Constantinople en 1817, probablement le 10 novembre. Le récit de sa mort a paru en France, il y a quelques années, de façon assez mystérieuse, dans un journal

de province.

En voici le résumé : Une nuit d'hiver, le Père Chrysostome, supérieur du Couvent de Saint-Antoine, s'étant retiré dans sa cellule, priait au pied de son crucifix. Il faisait ce soir-là un temps épouvantable; le vent soufflait en tempête sur la Mer Noire et le vieux couvent craquait de toutes parts. A un moment donné, on frappa à la porte; le frère portier ouvrit

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

Madinina "Reine des Antilles"  

Auteur : William Dufougeré / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Anti...

Profile for scduag
Advertisement