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HISTOIRE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE DE LA MARTINIQUE

vivrières et du tabac, laissaient apercevoir tout le profit marchand qu'un jour on pourrait en tirer... On était dans les premiers mois de 1637, Baillardel était retourné à Saint-Christophe, désespérant de recevoir sous peu une cargaison de tabac de la colonie naissante. Déjà le rappel de Du Parquet était envisagé. Le faire revenir près de lui, pour le suppléer en cas d'absence, le remplacer en cas de mort, tel paraissait le plan de d'Enambuc. Sa mort survenue empêcha la réalisation de ce projet (9). Aussi Vaudrocque, frère aîné de Du Parquet, ne pouvant prétendre assurer le commandement même intérimaire de Saint-Christophe qui revenait de droit au plus ancien capitaine, le sieur Du Halde arriva à la Martinique sur le Saint-Jacques, pour informer son cadet Du Parquet du décès de l'oncle. Tous deux, considérant la situation peu rassurante dans laquelle ils se trouvaient, décidèrent de rentrer au plus tôt en France. Ils y arrivèrent en août ou septembre 1637. La Compagnie, en présence des deux frères, confirma le plus jeune dans son poste. Parti de Dieppe, sur le vaisseau le SaintJacques commandé par Baillardel, à la fin d'octobre 1637, Du Parquet arrivait à la Martinique le 2 décembre suivant et prenait possession de son gouvernement. La mort de d'Enambuc avait vivement affecté le cardinal de Richelieu qui avait hautement dit en l'apprenant : « Le roi perd l'un des plus fidèles serviteurs de son état (10). » Aussi la Compagnie voulut-elle reconnaître, en la personne du neveu, « tout le glorieux témoignage des services qu'elle avait reçus de l'oncle ». La commission qu'elle lui envoyait était ainsi conçue : « La Compagnie des isles de l'Amérique, au sieur Du Parquet, salut. Estant nécessaire d'establir dans l'isle de la Martinique des personnes d'authorité pour la conservation des Français qui y sont à présent en bon nombre et les faire vivre en paix et union selon les loix de France et l'employ que vous avez eu dans l'isle de Saint-Christophe, sous le sieur d'Enambuc, votre oncle, capitaine général de la dite isle, ayant fait voir votre courage et conduite ; à ces causes, la Compagnie asseurée de votre affection au service du roy et au bien de la Compagnie, vous a establi, commis et député, establit, commet et députe son lieutenant-général en l'isle de la Martinique pour le reste de cette année et les trois suivantes qui commenceront au 1" janvier 1638, pour en l'absence du capitaine général de la dite isle et lorsqu'il y sera, par ses ordres, faire tout ce que vous jugez nécessaire pour le service du roy, establissement de la colonie des Français, bien et (9) Doc. pub. par J. GUET : Les origines de la Martinique, p. cet auteur, d'Enambuc serait mort en mai ou juin 1637. (10) Du TERTRE : t. 1, p. 119.

39.

Selon

Histoire politique, économique et sociale de la Martinique sous l'Ancien Régime  

Auteur : C.A. Banbuc / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles e...

Histoire politique, économique et sociale de la Martinique sous l'Ancien Régime  

Auteur : C.A. Banbuc / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles e...

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