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- 33 Penauds, honteux et confus,dit Coudreau, et par dessus le marché ruinés, ils se dirigèrent sur les Antilles, où ils se fixèrent... Il r e s tait encore 400 français, une garnison de 200 hommes et 1.500 nègres esclaves. Le travail reprit avec plus d'énergie que jamais et, en 1690, Cayenne bâtit sa première Eglise, sans doute pour demander à l'Eternel de ne pas damne: les flibustiers de 1688. Un événement beaucoup plus considérable s'accomplit pendant ce t e m p s . . . P;ir bonheur, la Guyane Française était alors gouvernée par M. de Férolles. l'un des cinq ou six grands A d m i nistrateurs dont se glorifie cette colonie. Férolles fit faire, à travers bois, un chemin q u i , pariant de Cayenne, devait aboutir à l ' A m a z o n e , mais qui ne p u t être continué a u - d e l à de l'Oyapock. C'est La plus importante tentative de pénétration de l'intérieur qui eût été faite j u s q u ' à ce jour, et qui ait jamais été faite depuis. La manifestation suffit à amener les Portugais à signer ie Traité de 1700, par lequel ils nous reconnaissaient au sud nos a n ciennes limites. Mais bientôt Férolles fut rappelé et ne put c o n t i nuer son oeuvre. Une population portugaise s'était établie sur notre t e r r i t o i r e ; les Indiens do la région avaient été emmenés en masse par nos adversaires sur la rive gauche de l'Amazone où, sous le nom de Tapouyes. ils fuient catéchisés, initiés à la langue et à la civilisation portugaise, et constituèrent en face de nous une sérieuse a v a n t - g a r d e . Il eût fallu échelonner j u s q u ' à l'Amazone une série de postes de colons français et lancer les Jésuites jusqu'au Rio-Negro. p o u r organiser des réductions. Férolles savait tout cela et voulait agir. Il fut rappelé. Lui parti, la ténacité des Portugais et l'incurie du gouvernement de Versailles firent le reste.

Les plantations de l'Ile de Cayenne, les vastespropriétés rurales ou habitations, dans le langage créole du pays, établies sur les bords des rivières environnant Cayenne, se développaient alors d'une façon prodigieuse. Celle de M. de tiennes, l'une des plus anciennes, dénommée « La Comté », comportait d'après son titre royal de concession, cent pas de terrain tout le long de la Rivière Oyac, du côté des Amazones, c'est-à-dire rive droite de l'Oyac et du Mahury, qui en est la suite. C'est là, dit la Notice historique, l'origine du nom que porte le quartier que nous appelons La Comté » et qui, flans le principe, se nommait La Comté de Gennes ou d'Oyac. De 1700 à 1773, la Guyane ou plutôt la colonie de Cayenne est en pleine prospérité agricole, grâce à f a c tion et à l'activité des Jésuites. La révocation ou suppression de l'Ordre des J é suites, p a r la Bulle du Pape Clément XIV, « la disper-

Annuaire de la Guyane Française et du territoire de l'Inini pour l'année 1936  

Auteur : Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles et de la Guyane...

Annuaire de la Guyane Française et du territoire de l'Inini pour l'année 1936  

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