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SAINT-CHRISTOPHE.

acquiert de jour en jour plus d'importance.Quant à la culture du sucre, l'île nous a semblé à cet égard dans une situation prospère. On supposait que la récolte encore sur pied, laquelle nous a paru promettre autant pour la qualité que pour la quantité , donnerait au moins la moyenne ordinaire de sept mille barriques; et l'on n'appréhendait aucune des difficultés qui auraient pu affaiblir cette estimation. Nous accompagnâmes notre ami Burt à Ottley, sucrerie parfaitement exploitée, qu'il possède en commun avec le juge Wigley, de Tortola; nous y suivîmes encore une fois tous les procédés de la fabrication, et nous eûmes de nouveau la satisfaction de voir les nègres en pleine activité, bien que ce fut le jour qu'ils réservent ordinairement pour leurs petites affaires particulières. Les salaires courants dans cette île sont de sept à neuf deniers sterling par jour, outre les petits avantages ordinaires; mais un nègre peut facilement gagner de deux à trois schellings par jour, en travaillant à la tâche. Un des résultats de ce dernier système, et qui n'est pas le moins remarquable, c'est que les nègres font, dans un temps donné, une somme d'ouvrage beaucoup plus forte que celle qu'on pouvait obtenir d'eux sous l'empire de l'esclavage. Dans la visite que nous rendîmes à notre excellent ami, R. Cleghorn, ma-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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