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SAINT-CHRISTOPHE.

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sidérer à loisir, pendant que noire adroit et brave matelot, le nègre Sam, le tirait de la mer; mais tout à coup, par une secousse que le prisonnier se donna fort à propos, il parvint à s'échapper. Une autre fois, notre habile pêcheur amena un baracouta, très-beau poisson ressemblant assez à un brochet, et qui, parvenu à sa grosseur, n'est ni moins dangereux, ni moins vorace qu'un requin. Du poisson frais est une sensualité que nous pouvions nous procurer de temps à autre; mais je payai cher, pour ma part, cette jouissance gastronomique, cause trèsvraisemblable, en effet, d'une indisposition qui me dura trois semaines, et qu'aucun remède ne put arrêter. J'appris par la suite que la chair de ces poissons est souvent vénéneuse; circonstance qu'on attribue à ce qu'ils se nourrissent parmi des rochers cuivreux, situés au-dessous du rivage, et assez communs, dit-on , dans quelquesunes de ces îles. Nous nous trouvâmes dans ce voyage en vue de plusieurs îles en même temps : c'étaient Saba, dont j'ai déjà parlé; l'Anguille, petite île qui, je le présume, doit son nom à sa forme, assez semblable à celle d'un serpent; c'étaient SaintMartin, Saint-Barthélemy,Saint-Eustache,et dans le lointain Saint-Christophe. Nous apprîmes avec regret qu'il s'en faut de beaucoup que l'Anguille

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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