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ET TORTOLA.

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désola Saint-Thomas, dans le huitième mois de 1837 , un grand nombre de bâtiments qui s'y trouvaient mouillés, ou sombrèrent, ou furent jetés à la cote. On porte très-haut la perte en hommes ou en marchandises qui fut la conséquence de ce désastre. Quelques-uns de nos amis, résidant momentanément dans cette île, nous firent, à l'instant où nous mîmes pied à terre, l'accueil le plus obligeant, et nous procurèrent un logement commode dans un vaste hotel très-fréquenté par les négociants de la ville. Cependant, l'approche d'un grand bal qui devait se donner dans cette maison, nous força bientôt à en déguerpir et à chercher une demeure plus retirée ; malheureusement on était à une époque où l'on ne peut guère se flatter de jouir de beaucoup de tranquillité à Saint-Thomas, c'est-à-dire, à la veille des saturnales des nègres, pendant lesquelles une entière liberté est accordée aux esclaves qui, de Noël au premier jour de l'an, peuvent battre le tambour, jouer du violon, chanter, danser et s'en donner à cœur joie, de toutes les manières. Le mauvais génie de l'esclavage semble, pendant ces journées, avoir pris le masque et la marotte de la folie, et nous pensâmes qu'il y avait aussi peu de profit pour ces pauvres nègres dans ces misérables divertisse-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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