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SAINTE-CROIX.

ne saurait révoquer en doute le nombre considérable de morts prématurées dont elle a été la cause. Notre ami Stevenson ne boit que de l'eau, et, conséquent à ses principes, ne fabrique point de rhum dans son établissement. L'écume du sucre en ébullition qui, avec une certaine quantité de mélasse, sert ordinairement à la distillation du rhum, est repompée dans un clarilicateur, et convertie en un sucre qui ne le cède point en qualité à celui qu'il fabrique par les procédés ordinaires. Il affirme positivement que ce système est aussi économique que profitable; et il est fort à désirer que son exemple soit suivi dans toutes les Antilles. Les exportations en sucre de Sainte-Croix s'élevèrent, en 1839, à 19,428 barriques, de 1,300 livres chacune. Dans quelques-unes des années précédentes, le produit a dépassé 30,000 livres sterling. Tandis que d'un coté cette île tire d'immenses avantages de la vigilance, de l'habileté et des soins d'un corps respectable de propriétaires résidants, d'un autre côté on ne saurait douter que l'esclavage n'y fasse sentir son influence paralysante, et il est notoire qu'un grand nombre de propriétés ont passé des mains des possesseurs primitifs dans celles des gérants, que d'autres y sont accablées d'hypothèques, et que, depuis plusieurs années, le sol s'y appauvrit

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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