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SAINTE-CROIX.

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teur, et passe ensuite par une série de chaudières soumises à différents degrés de chaleur : on la convertit d'abord en sirop, puis en un fluide plus épais, appelé sling. Le sling est porté par des rigoles dans des bassines, où il se grène et prend la forme de sucre mêlé de mélasse. Il est ensuite transporté dans des barriques, d'où la mélasse, graduellement desséchée, tombe dans des récipients placés au-dessous; enfin on obtient un sucre sec et pur, bon à exporter. Le sucre de Sainte - Croix est généralement d'un gros grain, d'une couleur brillante et agréable, et l'emporte de beaucoup par ses qualités sur celui que produisent des terrains plus humides et plus riches. Il n'y a aucune partie de ce précieux végétal qui ne serve à quelque usage. Les feuilles fournissent un excellent fourrage pour les porcs et le bétail; le résidu des cannes, lorsqu'on en a extrait le jus, prend le nom de bagace, et est soigneusement mis en meule sous des hangars, pour servir de chauffage. Une circonstance qu'on ne saurait trop déplorer, c'est qu'une distillerie est presque invariablement l'accessoire d'une bouillerie, et que deux barriques de sucre donnent au moins un poinçon de rhum. Le rhum nouveau des Antilles est une liqueur séduisante, mais en même temps une des plus funestes à la santé, et l'on

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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