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ETATS-UNIS.

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ron une heure, s'apaisa en quelques minutes; le temps s'éclaircit, et le disque argenté de la lune reparut dans tout son éclat. Le pauvre matelot qui avait été si rudement frappé commença à reprendre ses sens, et nous fûmes enfin rendus à nous-mêmes, sains et saufs de corps et d'esprit. Mais le lendemain matin nous ne tardâmes pas à découvrir les effets du tonnerre; les voiles étaient criblées de trous; quelques coffres avaient été défoncés; une énorme pièce de bois avait été arrachée du pont; le grand mât était fendu, la vergue de perroquet et la grande vergue étaient en pièces. Nous eûmes bien sujet de rendre d'humbles actions de grâces au Dieu de la nature, au conservateur des hommes, à celui à qui obéissent la foudre et les orages. Lue circonstance dont nous ne pûmes que nous réjouir, c'est que le jour qui suivit cette tempête était le premier de la semaine. A l'heure indiquée, les passagers et les marins de l'équipage se réunirent sur le pont; on pouvait lire sur les visages l'émotion profonde et les pensées solennelles dont tous étaient pénétrés. On nous lut le quarantième chapitre d'Isaïe, dont tu te rappelles peut-être cette exhortation, contenue au premier verset : «Consolez, consolez mon peuple», et qui finit par cette promesse si encourageante: « Ceux qui s'attendent à l'Eternel reprennent

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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