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AUX

S-UNIS.

ETAT

Presque tous nos matelots furent renversés, et ne se furent pas plutôt remis sur leurs pieds, qu'ils se réfugièrent dans la cabine; il y en eut un qu'on fut obligé d'y traîner; il avait été frappé de la foudre, et nous ne savions s'il était mort ou vif. Le capitaine lui-même reçut une atteinte qui lui laissa aux jambes de longues traces noires. Nous vîmes tomber sur le pont soit un cordage enflammé, soit une traînée du feu électrique sous la forme d'un cordage, et une forte odeur de soufre se fit sentir à nous; toutes les cabines furent remplies de fumée, et il n'y eut personne à bord qui ne crût et ne criât que le vaisseau était en feu. En même temps le cuisinier, se précipitant dans notre cabine, vint nous annoncer que la cale du bâtiment, qui était sur son lest, se remplissait d'eau; et, malgré le calme qui se maintint jusqu'à un certain point parmi les passagers, nous ne pûmes nous dissimuler que nous nous trouvions dans le péril le plus imminent. Mais là devait s'arrêter la série d'émotions et de terreurs par laquelle nous venions de passer. Perquisition faite dans toutes les parties du bâtiment, on ne découvrit aucune apparence de feu ; l'eau qui se trouvait dans la cale y avait pénétré seulement par les écoutilles; l'odeur de soufre et la fumée se dissipèrent peu à peu ; la tempête, dont la furie avait duré envi-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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