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AUX

ETATS-UNIS.

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tures humaines vivantes comme la propriété d'autres créatures de la même espèce. S'il en est ainsi, pourquoi l'Angleterre n'est-elle pas tenue de restituer aux Etats-Unis les esclaves déserteurs qui cherchent un refuge au Canada, et à la France les fugitifs qui s'échappent de la Guadeloupe et abordent à la Dominique sur un frêle radeau de bambous; et au Danemark ceux qui, armés d'une simple pagaie, traversent le canal qui sépare Saint-Thomas et Saint-Jean des rivages de Tortola où la liberté les appelle? Pour ma part, ma conviction intime est que, dans l'esprit du droit des gens ou de la loi des nations , ces individus sont des tiers qui ont des droits distincts et dont ils ne peuvent être dépossédés. Cette loi des nations prétend avec raison tirer son autorité de la loi même de Dieu ; donc il n'y a dans son essence, dans sa nature, rien qui autorise l'idée atroce que l'on puisse traiter des êtres humains, des êtres raisonnables, comme des bêtes brutes, incapables de tout sentiment. Si c'est là voir les choses sous leur véritable point de vue, nous devons, selon moi, conclure de cette doctrine, que lorsque la Grande-Bretagne alloua une indemnité aux propriétaires des esclaves naufragés de la Comète et de X Encomium, elle n'eut pas pour motif de se conformer aux principes du droit des gens, mais agit

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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