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SAINTE-CROIX.

Fredericsted, et Bassin ou Christiansted , siége du gouvernement, qui peut être de quinze milles, passe entre deux rangs de cocotiers et de chouxpalmistes plantés symétriquement à droite et à gauche sur une partie de cette route; ces derniers arbres sont d'une hauteur et d'une beauté remarquables, et telle est la régularité de leur forme, qu'on serait tenté d'y reconnaître un ouvrage de l'art; on pourrait s'imaginer un instant que l'on marche entre quelques-unes des colonnades de Paestum, ou de Tadmor, dans le désert. A coté du grand nombre de maux inhérents au gouvernement despotique de cette île, on peut du moins applaudir à un de ses résultats; c'est la sévérité avec laquelle il veille à la conservation des arbres. Il n'est permis à aucun habitant d'en couper un seul, même sur sa propriété, et l'importance qu'on y attache ne vient pas seulement de leur ombrage et de leur beauté, mais on suppose encore qu'ils attirent les pluies; et Sainte-Croix ne compte pour sa provision d'eau que sur l'état de l'atmosphère. Un autre résultat heureux du pouvoir arbitraire, c'est d'avoir contraint les habitants à payer le macadamisage(1) de leurs chemins; aussi voyage-t-on à (1)

Mode de pavage ainsi appelé du nom de l'inventeur,

ingénieur écossais.

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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