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CUBA.

nous passâmes de nouveau sous le canon du Moro, et nous mîmes en route pour Savannah, en Géorgie. Peut-être aurais-je supprimé cette partie de mon récit, sans le désir que j'avais d'appeler ton attention sur un sujet qui réunit l'intérêt à l'importance, et sur lequel notre court séjour à Cuba nous a mis à même de recueillir quelques renseignements: je veux parler de la part que prennent les États-Unis au trafic des esclaves. I. Par la construction des bâtiments négriers. Les négriers de Cuba demandent des bâtiments d'un modèle particulier, d'une marche rapide, ou, en d'autres termes, d'une construction appropriée au trafic des esclaves. Or, les Américains, ayant à leur disposition les bois, les capitaux et d'habiles ingénieurs, ont des facilités immenses pour cette construction. Il en résulte qu'Us peuvent suffire à toutes les demandes, et que les neuf dixièmes des bâtiments employés à Cuba pour la traite, dans ces dernières années, ont été construits aux Etats-Unis , et principalement dans les chantiers de Baltimore. On ne saurait alléguer, pour justifier les constructeurs, qu'ils n'ont pas eu connaissance de la destination de ces bâtiments, puisqu'ils diffèrent sensiblement du modèle ordinaire des bâtiments

Un hiver aux Antilles en 1839-40  
Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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