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CUBA.

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une caque. Nous rentrâmes chez nous le soir , fort contents d'avoir constaté ces horreurs, satisfaits des informations que nous avait fournies cette intéressante journée, mais affligés et l'âme malade de ce que nous avions vu. Que l'on compare maintenant la situation de ces infortunés, sans appui, sans espérance, avec celle des paysans de la Jamaïque, si paisibles, si contents de leur sort! Quelle différence! Le lendemain était le premier jour de la semaine, qu'on ne peut appeler, à la Havane, un jour de repos et de culte. Une certaine partie de la population se rend, il est vrai, aux offices des églises catholiques, avec une décence et un recueillement remarquables, mais la grande généralité des habitants paraît plongée dans une profonde indifférence pour ses devoirs religieux. On n'y tolère aucun culte protestant, pas même dans l'enceinte de la maison du consul. Heureusement une réunion d'amis peut avoir lieu avec un petit nombre aussi bien qu'avec une multitude, et entre six que nous nous trouvions dans notre hôtel, nous pûmes, sans nous écarter de la simplicité des rites ordinaires de notre culte, goûter quelques instants de paix et de consolation chrétiennes. Nous nous remîmes ensuite aux soins de James Norman, négociant et homme religieux, qui nous conduisit dans plu-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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