Page 342

326

CUBA.

nous vîmes hors de l'édifice une quarantaine de jeunes gens assis sur l'herbe, et vêtus d'une chemise grossière, marquée d'un D; c'était un lot qui venait d'être mis à part, et acheté. L'acquéreur, un carnet à la main , était là, les passant en revue, et les inspectant comme des bœufs au marché; et, sans doute, il avait de bonnes raisons pour les examiner de près; car il les avait probablement payés de 400 à 5oo dollars par tète, ce qui ne fait pas moins de 16,000 à 24,000 dollars pour le lot entier. Quoi que pût faire ce vil maquignon d'hommes, nous ne pouvions comprendre comment cette détestable spéculation, comment cet horrible trafic de chair et de sang humains pouvaient, en définitive, répondre à ses affreuses espérances, vu surtout la probabilité assez grande qu'une portion considérable de ces malheureuses créatures devait périr avant d'être acclimatée. Nos jeunes amis trouvèrent moyen de s'introduire dans une quatrième baraque , où ils virent plusieurs centaines d'enfants tout nouvellement importés. Ils étaient maigres, décharnés, la plupart portant encore sur leur peau des traces de meurtrissures et de contusions, provenant, selon toute apparence, du frottement de leurs corps contre les parois du bâtiment où ils avaient été entassés comme des harengs dans

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Advertisement