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CUBA.

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admit également sans difficulté ; nous y trouNaines une quarantaine d'Africains malades, tout récemment arrivés; ils étaient d'une maigreur affreuse, et avaient l'air le plus triste du monde. lin enfant enveloppé dans une couverture et couché sur une table était à l'article de la mort. (C'était, malgré je ne sais quel rire stupide qui se peignait sur quelques-uns de ces visages, une scène de douleur et de souffrances muettes; nous en avions le cœur navré. Cette baraque avait été construite pour contenir mille nègres. Le soleil allait descendre sous l'horizon comme nous arrivions à la troisième, qui est de la même grandeur, et située tout près du jardin de Tacon, rendez-vous continuel d'une foule de promeneurs. Évidemment elle était remplie de nègres, et nous entendions distinctement les voix de ces malheureux. Nous entrâmes dans la cour sans parler à personne, et nous pûmes voir le gardien tourner sa clef dans la dernière serrure, après les avoir enfermés pour la nuit. Notre guide aborda timidement ce rébarbatif personnage, et demanda pour nous la permission de visiter les dortoirs. No son negros aqui, nous répondit ce misérable avec humeur , il n'y a pas de nègres ici. Il fallut bien nous retirer, peu curieux de nous voir enfermés nousmêmes dans cet antre d'iniquité. Cependant

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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