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remonte ; système assurément de la plus atroce barbarie. L'après-midi, après le dîner dont le consul fit avancer l'heure, nous partîmes pour une excursion d'une nature assez délicate; il s'agissait de visiter les baraques, c'est-à-dire , les réceptacles où sont entassés et mis en vente les Africains nouvellement débarqués. Nos deux jeunes amis prirent d'un côté, M. Day et moi d'un autre. Guidés par un jeune homme de Guernsey, nous visitâmes, lui et moi, trois des six établissements de ce genre, tous situés à environ deux milles de la ville. Ce sont, sous le rapport de la construction et de l'administration, des spéculations particulières , et quoique toute cette affaire soit absolument illégale, ceux qui l'exploitent bravent toute pudeur, ou trouvent moyen d'échapper à l'œil du gouvernement. Nous ne fûmes pas heureux dans notre tentative ; la première baraque à laquelle nous nous présentâmes était vide, et, après en avoir fait le tour, nous ne pûmes que reconnaître qu'elle était commode et bien aérée. Ces sortes de bazars, en effet, qui ont pour but le plus sordide, le plus impur de tous les lucres, sont destinés à réparer les mauvais effets de la traversée sur la santé des nègres. A la seconde, le gardien, avec qui notre jeune guide était en relation , nous

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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