Page 336

320

CUBA.

tives; mais enfin ils sont bons à quelque chose, ne fût-ce qu'à épier et à constater les iniquités qui se commettent à Cuba. Après le déjeuner, nous accompagnâmes le capitaine Hawkins, et un de ses amis, à sa citadelle flottante, et nous ne pûmes qu'approuver les dispositions qu'on y a faites pour procurer aux Africains libérés tout ce qui peut adoucir et consoler leur misère, s'il arrive que l'occasion se présente de leur ouvrir cet asile. Le capitaine et son ami prennent à la cause de la liberté un profond et vif intérêt; vertu assez rare, mérite peu commun dans quiconque a mis une fois le pied sur le sol de la Havane! Après que nous eûmes examiné son bâtiment, il nous fit doscendre dans une chaloupe pour visiter le port, et afin que nous pussions voir à notre aise les négriers qui s'y trouvaient. Cinq y étaient mouillés, à la face du ciel; la nature de leur équipement ne permettait pas de douter qu'ils ne fussent destinés à cet infâme trafic, et prêts à s'esquiver pour les cotes d'Afrique, et y aller prendre de nouvelles cargaisons de bultos (balles; c'est le terme d'argot par lequel les négriers désignent les nègres), aussitôt qu'une nuit noire ou orageuse leur fournirait une occasion favorable pour échapper à la vigilance du Snake, alors dans le port de la Havane. Ils se composaient de deux

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Advertisement