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CUBA.

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Le lendemain, 10 du quatrième mois (avril), fut pour nous une journée mémorable et bien pénible en même temps. Nous étions engagés à déjeuner avec le consul d'Angleterre; mais, avant de nous rendre chez lui, nous voulûmes profiter de la fraîcheur du matin pour visiter El Jardin del Obispo, la villa et les jardins du dernier archevêque, qui ne méritent pas moins les regards du voyageur que ceux du gouverneur Tacon. Les objets qui attirèrent principalement notre attention furent les magnifiques avenues de manguiers sous lesquelles on jouit du plus agréable ombrage, un crocodile vivant gardé dans un petit réservoir, et, ce qui est la plus grande de toutes les raretés, dans une contrée tropicale , un ruisseau d'eau fraîche et limpide où l'on peut goûter les délices du bain. Nous trouvâmes chez le consul le capitaine Hawkins, du bâtiment de guerre le Roinney, mouillé dans le port de la Havane , et dont la mission est de prendre à son bord les Africains qui pourront être extraits des bâtiments négriers condamnés par la cour de commission mixte. Comme la traite, aujourd'hui, se fait rarement à Cuba sous pavillon espagnol, ni les juges de cette cour, ni notre ami le capitaine Hawkins n'ont beaucoup à faire, si tant est qu'ils soient jamais appelés à exercer leurs fonctions respec-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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