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CUBA.

Nous pûmes de là contempler dans toute sa magnificence une vue qui embrasse la ville, le port, une forêt de mâts, le château Moro, les Cabannas sur les hauteurs opposées, et la mer qui termine cet immense tableau. En général, la contrée qui avoisine la Havane est loin d'être pittoresque; on y cultive principalement le maïs, comme fourrage pour les bestiaux. Il faut s'enfoncer à plusieurs milles dans l'intérieur avant de rencontrer soit un canton montagneux, soit ces champs de cannes d'une si prodigieuse végétation, et qu'on ne cultive que par un système de rattonnage, lequel consiste à lever tous les ans sur le même plant de nouvelles cannes, et qui permet d'être vingt et même trente ans sans le renouveler; preuve bien remarquable de la vigueur et de la richesse du sol. Tandis qu'on peut continuer ce procédé à Cuba pendant une si longue suite d'années, la terre, encore vierge, est si riche qu'il suffit de l'effleurer avec la houe pour la préparer à recevoir de nouveaux plants. Dans la plupart des colonies anglaises le rattonnage, ne peut guère durer plus de trois ou quatre ans; et le sol exige un profond labour, ou tout autre travail analogue, avant de pouvoir y planter la canne. Aussi n'est-il pas étonnant que les planteurs de Cuba aient toujours réussi à faire tomber le prix des sucres de nos colonies.

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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