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CUBA.

sont dans l'usage constant de payer aux différents gouverneurs un droit assez considérable pour chaque tête d'Africain qu'ils importent dans ces îles; et l'on dit que le dernier gouverneur de Porto-Rico s'est retiré, grâce à ce genre de contribution, avec une immense fortune. S'il faut en croire les rapports, aujourd'hui, à Cuba, le prix de cette connivence ne va pas à moins de douze dollars par esclave, somme à laquelle ont part, à ce que j'ai tout lieu de croire, les officiers subalternes; et tels sont les immenses bénéfices du trafic des esclaves, que ces criminelles exactions sont à peine mises en ligne de compte par ceux qui les payent. Les rues de la Havane sont extrêmement étroites, et nous y trouvâmes la chaleur accablante ; mais nous n'eûmes qu'à nous féliciter des excellents logements qu'on nous procura dans un hôtel tenu par une aimable famille américaine du nom de West; de nombreuses volailles rendent d'ailleurs la locomotion extrêment commode et facile ; ce sont de petites voitures attelées d'un seul cheval, avec un ciel en cuir, des roues énormes, et conduites par des postillons nègres, en bottes à l'espagnole. Les flots pressés d'une population affairée se croisent dans les rues, où l'on n'entend que les accents de la langue espagnole. A la Havane tout est

Un hiver aux Antilles en 1839-40  
Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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