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CUBA.

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que je n'avais pas vu depuis près de trente ans. Il m'accueillit le plus cordialement du monde, et m'accompagna , au sortir du vaisseau, à l'hôtel du gouvernement, où je désirais présenter mes respects au prince d'Anglona, capitaine général de Cuba. Déjà notre ami Cabrera lui avait remis une lettre d'introduction que m'avait donnée pour lui le gouverneur de la Jamaïque, et je sentais qu'un ami des pauvres esclaves, un ministre chrétien devait sa première visite à un officier qui, à tout hasard, et sans le soumettre à aucune précaution fâcheuse, lui avait, d'une manière si obligeante, permis de débarquer. Ce prince, qui appartient à la vieille noblesse d'Espagne, est d'une petite stature; il n'a dans sa personne rien qui impose au premier coup d'œil, mais il se distingue par ses grands talents et sa politique libérale. Il nous reçut avec une exquise politesse, et daigna même s'excuser auprès de notre consul du refus qui m'avait été fait d'un passe-port à la Jamaïque. Il parle le français avec une facilité remarquable; il nous entretint dans cette langue pendant quelques minutes du ton le plus amical, et la tournure de la conversation n'ayant amené aucun sujet important à traiter, nous ne tardâmes pas à prendre congé de son Excellence. J'ai appris plus tard que, tant à Porto-Rico qu'à Cuba, les négriers

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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