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CUBA.

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nous trouver en vue de l'île des Pins, près de la cote sud de Cuba; cette île, dont on vante la beauté, était autrefois le rendez-vous des pirates, comme elle est probablement encore celui des négriers; mais nous en passâmes à une distance de trente milles et ne pûmes en rien voir. Bientôt après, nous arrivâmes en vue du cap St-Antoine, qui aurait suffi pour prouver à Colomb, s'il s'était avancé plus loin de quelques lieues seulement, que Cuba n'était point une portion de ce continent dont son imagination était si préoccupée. Le cap doublé, il nous restait encore environ cent milles à faire avant d'atteindre le port de notre destination. Nous fûmes contrariés ou retenus pendant deux ou trois jours, tantôt par des vents contraires, tantôt par des calmes; nous avions mangé notre dernier cochon et notre dernière volaille, et nous commencions à soupirer sérieusement après la terre, lorsque, par une belle soirée, il s'éleva une brise favorable qui nous poussa, toutes voiles dehors et pavillon flottant, au delà du château et du phare Moro, et nous conduisit dans le port de la Havane. Nous étions au 9 du 4e mois (avril). Rien de plus animé, de plus magnifique que le tableau qui s'offrait alors à nos regards. Le Moro est bâti sur un amas de noirs rochers, à la gauche de l'entrée du port; sur une hauteur qui

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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