Page 317

PARALLÈLE.

301

en eux-mêmes plus que suffisants pour prouver ce que j'avance. Le premier est l'excessive licence de mœurs qui domine dans vos États à esclaves, non-seulement parmi les nègres euxmêmes, mais plus particulièrement encore entre les blancs et les noirs. Là, en effet, l'amalgame effréné des deux races produit ses déplorables effets avec une désolante rapidité, et sous les formes les plus criminelles. Une institution qui mène constamment à une telle fin, sous l'empire de laquelle on voit quelquefois les pères léguer ou vendre leurs propres enfants, doit nécessairement être en elle-même un mal moral des plus déplorables. Le second de ces résultats de l'esclavage que je veux signaler ici, c'est l'ignorance forcée à laquelle on condamne la race nègre; radicalement mauvais, incurablement mauvais, opposé à la volonté d'un créateur bienfaisant et intelligent, et mortel dans sa tendance morale , doit être un système qui défend à un tiers, à deux tiers de la population d'un État de tremper seulement le bord de ses lèvres à la source de la science, qui frappe toute une génération naissante, une génération nombreuse dé ce terrible arrêt : « Jamais tu n'apprendras à lire la Bible ! »> Tel est le parallèle que j'avais à tracer entre la liberté des Antilles anglaises et l'esclavage des

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Profile for scduag
Advertisement