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PARALLÈLE.

bon nombre d'hommes, blancs ou noirs, animés des meilleurs sentiments de morale et de religion, c'est ce que je suis loin de révoquer en doute. C'est un fait dont j'ai été à même de remarquer des indices, ou plutôt des preuves incontestables, dans beaucoup de congrégations, aussi décentes que recueillies, composées à la fois des maîtres et des esclaves, qui venaient en foule assister aux réunions de culte que j'avais annoncées. Loin de moi la pensée de les exclure, les uns ou les autres, du séjour des élus, d'oublier que le christianisme, qui nous est commun, s'applique, sans acception de personnes, à l'homme libre et à celui qui est dans les fers de l'esclavage. Toutefois, à mesure que les propriétaires d'esclaves ouvriront leur esprit et leur cœur aux lumières de la divine vérité, ils finiront par entendre, au-dedans d'eux-mêmes, une voix qui leur dira : « Ne touchez point à ce qui est impur; cessez de faire le mal.» L'exploitation de l'homme est un péché, non pas seulement dans l'abus qu'on en fait, mais dans son essence même, dans sa nature; cest ce qui n'est que trop évident aux yeux de celui qui en observe les résultats pratiques. Il est deux de ces résultats surtout, qui ne peuvent manquer d'être familiers à un homme d'État américain, et dont je parlerai en peu de mots, parce qu'ils sont

Un hiver aux Antilles en 1839-40  
Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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