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PARALLÈLE

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à mon premier argument : tout homme qui est doué d'assez de raison et d'intelligence pour faire un retour sur lui-même , ne pourra jouir d'un bien-être réel, aussi longtemps que la loi le regardera comme la propriété d'un autre homme. Je tiens d'un de vos sénateurs les plus éclairés une anecdote qui s'applique merveilleusement à notre sujet, et qui m'a paru pleine d'instruction. Un ministre méthodiste, partisan de l'esclavage, questionnait un jour, en présence de notre ami, un nègre très-bien élevé, que son maître considérait singulièrement, et à qui il n'épargnait rien de ce qui peut rendre la vie douce. « Vous avez auprès de vous,» lui dit le ministre, « votre femme et vos enfants; vous « êtes bien logé; rien ne vous manque, pour le « vêtement, ni à vous ni à vos enfants; tous les « jours vous vous asseyez à une table bien gar« nie; vous avez même l'honorable emploi d'ins« truire vos frères par la prédication; pourquoi « donc désirez-vous si ardemment d'être libre? « Que pouvez-vous donc souhaiter de plus ? » — « Monsieur, » répondit le nègre, « je vou« drais pouvoir, en mettant la main sur mon « cœur, me dire: Cette chair et ces os sont à « moi. » V. Morale et religion. — Qu'il y ait, dans les États à esclaves de l'Amérique septentrionale,

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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