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PARALLÈLE.

la nourriture et le vêtement, dépend et dépendra toujours nécessairement, non pas des dispositions du maître seulement, mais de ses moyens. Le manque d'argent comptant dans la caisse du propriétaire pèse souvent sur l'esclave d'une manière bien plus dure que le manque de bonté. D'un autre côté, on sait que quelquefois l'insalubrité d'un canton force les maîtres à s'éloigner pendant plusieurs mois de leurs habitations, et qu'alors les esclaves sont abandonnés à la direction d'inspecteurs, hommes malheureusement d'une condition sociale assez basse pour risquer leur vie pour un peu d'argent. Cette circonstance ne doit-elle pas être pour les malheureux livrés à leur direction une source féconde de misères et de souffrances? Mais, pour présenter dans son véritable jour le sujet qui nous occupe, pour en donner une idée exacte, il me suffira de reproduire des scènes qui se sont passées sous mes yeux. Dans nos courses à travers vos Etats à esclaves, souvent, j'en conviens, j'ai vu les nègres bien vêtus, bien portants, et pourtant leur aspect, en général, n'avait rien qui annonçât le contentement et le bien-être. Rarement j'ai remarqué chez eux cet air de gaieté, ces physionomies riantes des paysans noirs de la Jamaïque ; et il m'est arrivé parfois de les trouver à moitié nus, et.

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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