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PARALLÈLE.

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traitent leurs esclaves. J'entre parfaitement dans les sentiments de fidélité et d'affection d'un de tes propres esclaves, de ce Charles qui, étant au Canada, et maître de profiter de la permission que tu lui donnais toi-même de s'échapper sur les ailes de la liberté, assurait que, dût-on lui faire présent du Canada tout entier, jamais il ne quitterait son maître. Cependant, si j'eusse été avec vous, lorsque cette conversation eut lieu, peut-être lui eus-je dit, dans le langage de saint Paul : « Si tu peux être mis en liberté, profitesen ; profite de l'occasion, élève-toi au rang et à la condition qu'une bienfaisante providence daigne t'offrir. « Et ce conseille l'eusse fondé sur l'intime conviction qu'à la longue un homme ne peut rien gagner en bien-être, à vivre sous le joug d'un pouvoir illégitime et arbitraire. Ou je suis bien trompé, ou, en pareil cas, le bonheur n'est qu'une rare exception ; la règle générale, c'est la misère. L'ignorance de sa propre nature et de la destinée de l'homme est, suivant moi, le seul état dans lequel un esclave puisse jouir d'un bien-être permanent. Mais ce qui n'est que trop avéré, ce qu'on ne saurait contester, ce sont les atteintes portées à ce bien-être si difficile et si rare, auxquelles sont en hutte les esclaves aux Etats-Unis. La manière dont ils sont traités, en ce qui concerne

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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