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PARALLÈLE.

le poids du travail s'allége en proportion. J'aime à croire que les esclaves de mon ami Isaac E. Holmes, membre du congrès pour Charleston , de cet homme excellent qui craindrait de faire souffrir un insecte, s'il pouvait l'éviter, vivent tranquilles et heureux. Puissent-ils jouir de ce privilége, jusqu'au jour où ils obtiendront leur affranchissement définitif! Il paraît donc que le travail qu'on obtient d'une troupe de 3oo esclaves, dans vos États du midi, ne peut, dans beaucoup de cas, être évalué à une quantité supérieure à celle que fournirait, dans une journée bien employée, le sixième de ce nombre, composé d'hommes libres, c'est-à-dire, 5o travailleurs seulement. Ce qui était vrai au temps de Pline le naturaliste n'est pas moins incontestable aujourd'hui. « C'est, dit cet ancien auteur, c'est la plus mauvaise de toutes les spéculations que d'employer des esclaves à la culture des terres; car tout est mal fait par des hommes au désespoir (1). » Il n'en faut pas moins subvenir aux frais d'entretien de ces trois cents esclaves; et ces frais sont, dans vos États, bien plus considérables qu'ils ne l'étaient aux Indes occidentales. Tout (1) Coli rura ab

ergastulis

pessimum est, et quidquid

agitur a desperantibus, I. XVIII.

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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