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PARALLÈLE.

turée est bien souvent l'effet infaillible de l'esclavage. Le recours à la force brutale pour exiger une somme de travail qui dépasse la portée naturelle des travailleurs, et un excès de mortalité proportionnel , c'était là autrefois un état de choses ordinaire dans les Antilles anglaises; Cuba en offre aujourd'hui l'effrayante preuve, et il n'est pas douteux qu'on n'en trouvât encore de nombreux exemples dans les Etats à esclaves de l'Amérique septentrionale, principalement dans ceux où règne la pratique d'importer continuellement de nouveaux esclaves pris dans d'autres parties de l'union, et d'avoir sans cesse recours à ces espèces de levées, à mesure que le besoin s'en fait sentir. Mais je n'ai en vue dans toute cette discussion qu'une classe de propriétaires plus estimables et plus humains, qui ne tirent pas et ne veulent pas tirer de leurs esclaves une quantité de travail dépassant ce qui est compatible avec la conservation de leur santé et de leur vigueur. Ceux-là, j'en suis sûr, avoueront volontiers qu'un esclave, mû par la contrainte, ne fait pas et ne peut faire plus de la moitié du travail que fournirait un travailleur libre, excité seulement par l'appât d'un salaire raisonnable. Partout où le seul aiguillon du travail qui ait cours sous l'esclavage, c'est-à-dire le fouet, partout où ce déplorable moyen est écarté, 19

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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