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PARALLÈLE.

ductif d'une habitation, et ne laissent à l'activité réelle qu'un tiers environ de la population noire. Or, la partie véritablement agissante n'est poussée au travail que par le seul aiguillon de la contrainte, c'est-à-dire par le fouet, et jamais la contrainte n'arrachera à des esclaves même une moyenne satisfaisante de travail continu; ils n'en auront ni la volonté, ni la puissance; l'exiger d'eux serait exiger une chose contraire aux lois de la nature, à la constitution, non-seulement du nègre, mais de l'homme en général. Il en résulte que beaucoup de planteurs de coton et de riz de la Géorgie et de la Caroline du Sud se contentent d'imposer à leurs nègres le travail d'une demi-journée : ils ont fini leur tâche à midi, à une heure, à deux heures, et ils sont, le reste du jour, abandonnés à eux-mêmes. J'accorderai, si l'on veut, que ce régime fait honneur à l'humanité et à la bienveillance de leurs maîtres, malgré la crainte dont je ne puis me défendre, que cette indulgence ne soit sujette à plus d'une affligeante exception ; ce qu'il y a de positif, c'est qu'à moins d'une excessive rigueur, l'esclave ne peut faire plus ou beaucoup plus d'ouvrage qu'il n'en fait aujourd'hui. Le forcer à fournir la tâche d'un homme libre, c'est le condamner à une mort certaine ; quoiqu'il soit vrai de dire qu'une mort plus ou moins préma-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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