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PARALLÈLE.

de se défaire aujourd'hui et que l'expérience a pour jamais confondu. Si l'on considère dans son ensemble cette même population noire, on trouvera qu'elle fournit, dans tous les genres, une proportion réellement active, plus considérable sous le régime de la liberté que sous l'esclavage , et que chaque individu de cette proportion active fait plus d'ouvrage, terme moyen, qu'avant l'émancipation. Ainsi la somme totale de travail obtenue par le seul stimulant d'un juste salaire surpasse de beaucoup celle que l'on se procurait précédemment par la terreur du fouet. Et quand je parle du stimulant des salaires, je le prends sous son mode le plus efficace, c'est-à-dire, le payement aux pièces ou à la tâche. Nos paysans du comté de Norfolk, en Angleterre, nous offrent un spécimen exact du parti que l'on peut tirer, dans un climat d'une température peu élevée, du travail payé à la journée. Or, mes observations personnelles m'ont amené à conclure qu'un nègre libre des Antilles, payé à la journée, ne fera guère, en général, que les trois quarts environ du travailqu'on appellerait dansle Norfolk une bonne journée; mais employez ou payez ce nègre aux pièces ou à l'entreprise, et bientôt il égalera, si même il ne dépasse, le taux de travail quotidien d'un paysan du Norfolk. J'ai tout lieu de

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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