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PARALLÈLE.

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au résultat général. On y voit en effet que partout où les nègres sont traités avec justice, avec bouté, avec sagesse, ils travaillent aussi bien qu'on peut le désirer sur les propriétés de leurs anciens maîtres, et que les exemples du contraire ne peuvent être attribués qu'à des causes qui se rattachent à l'esclavage et nullement au régime de la liberté. S'il y a des nègres qui refusent de travailler sur les habitations de leurs ci-devant maîtres, qu'on se garde bien de voir dans ce refus un indice de fainéantise; car, en général ces mêmes hommes montrent la plus grande activité à cultiver leurs jardins, à exercer divers métiersT à brûler de la chaux, à pêcher, et dans d'autres genres d'industrie nouveaux, mais également profitables à eux-mêmes et à la société. Indépendamment de tout ceci, on voit élever des murailles en pierres, construire de nouvelles maisons, défricher et nettoyer des pâtures, creuser des fossés, dessécher des prairies, percer et macadamiser des routes, former des magasins; et partout surgissent de nouveaux villages : toutes opérations qu'on aurait vainement tentées sous le régime de l'esclavage, et dont la pensée même eût été une folie. La fainéantise, disait-on autrefois, est dans la nature même du nègre; jamais le nègre ne travaillera, s'il n'y est forcé : faux préjugé dont on est forcé 18.

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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