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LA JAMAÏQUE.

revoir ceux qu'ils regardaient comme leurs amis. 11 y avait entre autres une femme qui ne savait comment nous exprimer tous les vœux qu'elle faisait pour notre bonheur. Elle souhaitait que Massa, son bon Massa (autant que je pus comprendre son patois), trouvât sur sa route bon gîte et bonne nourriture, et qu'il fût abondamment pourvu des lumières du Saint-Esprit, pour son œuvre évangélique. Elle paraissait comprendre parfaitement les dons sans lesquels un homme serait insuffisant pour accomplir une telle œuvre. Je n'hésite pas à l'affirmer, ce peuple est susceptible des bonnes impressions, et il se distingue en particulier, par l'affection qu'il porte à ceux qui s'efforcent de l'instruire dans les voies de la justice. Nous déjeunâmes dans une auberge située sur le bord du chemin , et faisant partie du village de Porus. Ce village était encore une autre création de la liberté, et pouvait contenir une centaine de ces petites propriétés appartenantes à des travailleurs nègres. Ils avaient acheté ou ils étaient en marché pour acheter leurs terres au prix de treize à vingt dollars l'acre, et nous ne pûmes apprendre, sans en être peinés, qu'il y en avait plusieurs dans le nombre qui s'étaient établis sur des terrains déjà devenus improductifs. Ils avaient ainsi perdu et leur argent et leurs peines; mais ils avaient eu , du moins, la ressource de

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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