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LA JAMAÏQUE.

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lonie; en 1839 , depuis l'établissement de la liberté, ils n'ont été que de 1200 l., c'est-à-dire, tout juste la moitié. Ici, à la vérité, il y a une légère diminution dans le produit, mais augmentation évidente dans les bénéfices. Et ce point mérite une attention particulière; ce n'est pas en effet seulement sur les produits en sucre et en café, comparés avec ceux du temps de l'esclavage, qu'il faut mesurer la prospérité des planteurs de la Jamaïque. Là même où les produits ont diminué , les bénéfices augmenteront, si la bonne foi préside à l'essai de la liberté, au moyen des économies faites sur les frais d'exploitation. « J'aimerais mieux, nous disait A. B., ne faire que soixante balles de café sous le régime de la liberté, que cent vingt sous l'esclavage ; telle est l'économie obtenue sur les frais de culture et de fabrication, qu'à ce taux j'y gagne encore davantage; et en définitive, je ne désespère pas même d'arriver aux cent vingt balles comme auparavant. « Voyez-vous ce mur tout neuf, ce bon mur en pierre dont je viens d'entourer la plantation qui est là au-dessous de nous? » me disait le jeune médecin, comme nous étions devant la porte de la maison de A. B., occupés à contempler le délicieux paysage qui se déroulait à nos yeux; « eh bien, c'est tout au plus si, sous l'es-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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