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DÉPART DE NEW-YORK

lité de ses phases, forme un spectacle dont on ne se lasse jamais. Nous primes plaisir, un matin, à suivre de l'œil les mouvements d'un énorme requin appelé, à cause de son intelligence et de son caractère rusé, sea-lawyer; sa large tète, la souplesse de son corps, les nageoires vertes dont il bat ses flancs, et les innombrables petits poissons, cortége de mirmidons, qui l'accompagnaient dans sa marche, tout cela formait la scène la plus amusante. Une autre fois, nous vîmes un dauphin suivre l'appât que nous lui présentions; ce poisson est beaucoup plus svelte et plus agile que je ne l'avais cru; ses belles couleurs bleues et vertes apparaissaient à travers les vagues. Quelques jours après, la mer étincelait de myriades de petits poissons bleus tachetés d'argent. Nous pûmes souvent apercevoir de noires frégates, qui, avec leurs ailes immenses et leurs queues semblables à celle de l'hirondelle, planaient au-dessus de nos tètes, à une grande hauteur. J'ai entendu dire que ces oiseaux forment un curieux chaînon entre l'albatros et l'aigle de mer. Leurs tournoiements ressemblent à ceux de ce dernier; et l'on dit que pendant les ouragans, si communs en automne dans les Antilles, on les voit s'élancer par troupes nombreuses au-dessus du théâtre des tempêtes, pour aller jouir du calme des régions supérieures.

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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