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LA

JAMAÏQUE. 23

berge, nous nous déterminâmes à y passer la nuit, afin de pouvoir, dans la soirée, convoquer le peuple à une réunion. Elle eut lieu en présence du ministre, et les assistants, en trèsgrand nombre, s'y conduisirent avec un décorum parfait et le plus profond recueillement. Ce jourlà, comme dans beaucoup d'autres occasions, nous remarquâmes, chemin faisant, un grand nombre de nègres occupés a divers travaux pour l'entretien des routes; ils gagnent trente-trois cents (1), paye ordinaire d'une journée à la Jamaïque; circonstance qui, au premier coup d'ceil, paraît mériter à peine d'être l'objet d'une remarque, mais qui pourtant a son importance, en ce qu'elle prouve d'abord qu'à Sainte-Elisabeth on peut facilement se procurer des bras à un taux fort modéré; ensuite, que les efforts de l'administration et des habitants de la colonie, pour tenir les chemins en bon état, loin d'annoncer cette décadence dont quelques détracteurs affectent de parler, sont, au contraire, le signe certain d'une prospérité progressive. Le lendemain fut une des journées dont le souvenir restera gravé pour longtemps dans notre mémoire. Nous savions que traverser l'île dans cette direction , était une entreprise qui (1) Environ 1 franc 75 centimes.

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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