Page 236

220

LA

JAMAÏQUE.

l'oppression, et offrait alors l'image de la tranquillité et du bonheur. Ce fut là que nous pûmes pour la première fois observer la culture du gingembre. Cette plante porte de longues feuilles semblables à celles du roseau; et sa racine, seule partie qui entre dans le commerce, ne demande qu'une préparation bien simple: on la nettoie et on la fait sécher au soleil ; elle fournit, sans contredit , au nègre cultivateur un moyen prompt et facile de se procurer quelque argent. Nous prîmes ensuite congé de Thomas Burchell, et ayant avec nous un de ses gens qui, par pure obligeance, nous servait de guide, nous poursuivîmes notre voyage par d'étroits sentiers, jusqu'à Kepp, clos ou parc véritablement romantique, situé dans la paroisse de Sainte-Élisabeth, et appartenant à George Mercey, un des propriétaires résidants les plus respectables de la colonie. Pieux membre de l'Église anglicane, il consacre, malgré son âge avancé, son temps et ses talents à instruire gratuitement cent enfants nègres. Quoique nous lui fussions totalement étrangers, et que nous arrivassions chez lui au nombre de cinq, avec six chevaux et trois cochers, il ne nous en reçut pas moins avec la plus cordiale bienveillance, nous donna un excellent diner, convoqua pour le soir à une réunion religieuse les habitants du voisinage, nous

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Advertisement