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LA

JAMAÏQUE.

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non pas d'être observé en passant, mais d'arrêter l'attention, c'est que la tendance constante de l'esclavage était de diminuer le capital : mais aujourd'hui qu'il a fait place à la liberté, il est évident qu'on ne peut plus attribuer le manque de travail dont souffrent quelques habitations qu'au manque de fonds pour le payer. C'est un inconvénient auquel remédiera peu à peu l'influence de la liberté, ainsi qu'on l'a éprouvé d'une manière si remarquable à Antigoa. Une troisième habitation, voisine de Mont-Carey, et appelée l'Anchory (l'Anchois), avait été abandonnée comme une mauvaise affaire, dans les premiers moments de la liberté; mais on vient de la reprendre, et peu s'en faut que, grâce au travail libre, elle ne se soit déjà remontée, et ne promette de notables bénéfices. Le 18 du troisième mois (mars), de grand matin, nous quittâmes Mont-Carey, et, accompagnés de notre ami Burchell, nous traversâmes une contrée parfaitement cultivée, pour nous rendre à Betheltown, autre station où les baptistes dirigent une congrégation composée de quatre cent cinquante membres de leur église et une école de cent cinquante enfants. Le village voisin, consistant en petites propriétés appartenantes à des nègres qui les cultivent, avait d'abord été pour eux un lieu de refuge contre

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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