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LA JAMAÏQUE.

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Ce n'est pas sans peine que l'on gravit le mont Diavolo; pendant plusieurs milles on ne cesse de monter, et pour soulager nos chevaux, nous fûmes obligés de faire à pied, au fort de la chaleur, la plus grande partie du chemin. Il est vrai qu'un paysage délicieux nous dédommagea amplement de nos fatigues : les collines couvertes de forêts nous laissaient apercevoir successivement dans leurs intervalles les plaines éloignées qu'enrichissent les plus magnifiques cultures. Sur les pentes escarpées qui bordent le chemin sont disséminées une multitude de petites pièces de terre, tout récemment achetées par des nègres qui travaillent avec ardeur à les mettre en culture et à s'y construire des cabanes. C'est un M)l de riches pâturages, et qui donne en abondance un gazon de Guinée où le bétail est comme à moitié enseveli ; sur les cimes des montagnes sont de vastes prairies où paissaient alors quelques troupeaux, et que décorent des touffes de bambous ; on voit de ces arbres qui s'élèvent jusqu'à quarante et cinquante pieds, et se balancent au vent comme de gigantesques plumes d'autruche. Sur le flanc septentrional de la montagne, la route s'abaisse par une pente douce et descend jusqu'à la charmante vallée de Mongagne, couverte de gazon de Guinée et autres herbes, et qui ressemble, d'une manière frap-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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