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ET ARRIVÉE SOUS LES TROPIQUES.

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Providence, les caprices de la nature, même les plus désordonnés en apparence, tendent à un but de sagesse et de bonté. Nous eûmes à lutter, pendant toute la traversée du golfe, contre un gros temps et contre l'impétuosité d'un vent contraire. Les vagues écumantes s'élevaient à une hauteur extraordinaire,et leur sommet, d'un bleu clair et transparent, formait le plus ravissant contraste avec l'aspect sinistre et la couleur plombée des eaux qui roulaient à leur base. Dès le lendemain nous eûmes le vent favorable et un temps magnifique; la mer était du plus beau bleu, et il est impossible de voyager d'une manière plus agréable. Ce qui nous causa une joie particulière, ce fut d'apercevoir les premiers poissons volants; nous nous amusions à les observer effleurant la surface de l'eau avec une étonnante agilité. Le capitaine nous assura qu'il avait suivi de l'œil un de ces poissons qui nous avait précédés pendant plus d'un demi-mille sans se reposer; un autre vint s'abattre sur notre bâtiment; j'ai rarement vu créature d'une plus exquise beauté: je ne pouvais me lasser d'admirer son œil noir, son dos du bleu foncé le plus brillant, son ventre éclatant comme l'argent le plus poli, et ses ailes formant un réseau de fibres semblables à celles d'une feuille d'arbre, et d'une transparence parfaite. Il parait que cet animal ne sup-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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